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Ces images de Navin Ramgoolam et de Nandanee Soornack dansant, en compagnie  d’autres personnes, lors d’une sympathique fête privée nous sont parvenues dans le courant de cette semaine. Comme n’importe qui, à Maurice ou ailleurs, ils ont le droit de s’amuser comme bon leur semble. Et ce n’est certainement pas ce qui nous intéresse ou à nous de leur faire la morale.

Restait pour nous la question du respect de la vie privée du Premier ministre et de la puissante femme d’affaires. Cette question – doit-on publier les photos en notre possession ? – a fait l’objet de longues discussions au sein de «l’express». Et, au final, nous avons choisi de publier ces images car, dans une démocratie qui se respecte, elles sont justifiées par notre liberté d’informer le public sur un débat d’intérêt général : quels sont les liens entre le pouvoir politique et le monde des affaires ?

Selon l’article 9 du code civil français (qui est similaire à l’article 22 de notre code civil), «l’atteinte à la vie privée est justifiée par l’exercice de la liberté d’expression lorsqu’elle est nécessaire à la compréhension d’un évènement public, d’un fait d’actualité ou d’un débat d’intérêt général avec lequel la personne concernée est en lien direct. Bien que nécessaire, la violation de la personnalité peut être injustifiée lorsqu’elle est  disproportionnée en ce qu’elle se double d’une atteinte au principe de dignité.»

Dans un jugement émis le 6 février 2013, qui a mis fin au «Gagging Order» réclamé par Nandanee Soornack, contre notre groupe de presse et le groupe Le Mauricien (alors que les autres journaux étaient libres de parler de l’«affaire Soornack»), le juge Eddy Balancy cite cet article 9 et explicite bien le dilemme entre la liberté d’expression et le respect de la vie privée. Le juge rappelle que «the press has already published, rightly or wrongly, a mass of material of a nature to create public concern about the circumstances in which the applicant has, apparently through her intimate connections, within the realm of her private life, with a high profile politician, obtained favours at the hands of state-controlled agencies which have led her, within a relativelyshort time, to move from a relatively modest condition to that of a very successful business woman. And the applicant’s (ndlr : Nandanee Soornack) business and private life have already become a subject of  public debate in the medias.»

C’est pour cela que le juge pense que le cas de Mme Soornack en est clairement un où l’atteinte à la vie privée est justifiée par la liberté d’information car elle est «nécessaire à la compréhension d’un débat d’intérêt général». Et c’est aussi pour cela que nous avons choisi de publier cette série de photos du Premier ministre et de Nandanee Soornack, alors que nous refuserons de publier des photos de l’enfant mineur de Mme Soornack, en conformité avec le jugement de la Cour suprême.

Bien évidemment, certains vont sûrement essayer d’en faire une récupération politique. D’autres, selon leur agenda, y trouveront des raisons ou considérations différentes. Pour nous, cette décision fait partie de la mission d’information de «l’express». Loin des rumeurs, face aux faits, concrets, tangibles, visibles. Quoi en conclure relève d’un tout autre exercice…

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Au cœur de cette affaire sous les feux de l’actualité: des photos. Celles de Navin Ramgoolam dansant avec Nandanee Soornack, une activiste rouge, publiées en Une de l’express durant le week-end du 13 au 14 septembre. Depuis, les réactions se sont succédé. A commencer par la conférence de presse du PTr condamnant le groupe La Sentinelle.

Cette affaire dépasse le cadre d’une simple danse entre un PM et une activiste. Pour mieux en comprendre les implications, voici une compilation des articles publiés. 

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