Afrique : pile et face

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Nous l’avons souvent écrit : l’Afrique en réalité n’existe pas. C’est un concept purement géographique qui renvoie à de multiples régions hétéroclites et à des peuples hétérogènes.Ces jours-ci, au-delà des sempiternels défis sécuritaires, on voit surtout ressurgir deux facettes africaines à la une des actualités. Côté pile, à Washington, DC, on entend une série de discours techniques sur cette terre d’opportunités économiques et commerciales; ce vaste continent peuplé surtout de jeunes et qui connaît des taux de croissance macro-économique parmi les plus forts du monde; cette partie du monde si riche en matières premières qui attire les multinationales pétrolières et minières, avec comme toile de fond une compétition féroce entre les États-Unis et la Chine. Et côté face, en Afrique de l’Ouest, nous voyons toute la détresse humaine que le virus Ebola entraîne dans son sillage meurtrier.

Le sommet États-Unis–Afrique, qui réunit pratiquement tous les chefs d’État africains – à l’exception de ceux de l’Érythrée, du Soudan et du Zimbabwe qui n’ont pas été conviés, alors que les présidents de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia ont été retenus à Conakry – se veut un changement de paradigme de la politique américaine en Afrique. Au lieu d’une approche bilatérale, les initiatives US, relatives au commerce et au développement, veulent impacter sur le continent dans son ensemble. L’administration Obama veut ainsi donner corps à sa stratégie non pas pour l’Afrique mais ensemble avec l’Afrique. En d’autres mots, moins d’aide et davantage de commerce et  d’investissements. Obama, qui a été fi nalement moins présent en Afrique que Clinton et Bush, décevant ainsi nombre d’Africains qui pensaient, à tort, que son élection comme président de la première puissance économique du monde serait un nouveau départ pour le continent. Le sommet de Washington, au mieux, serait un nouveau chapitre si tant qu’on arrête de focaliser uniquement sur la croissance. Et Maurice, dans ce vaste concert, devrait sans doute réaliser des prouesses diplomatiques : calmer les Américains déçus qu’Air Mauritius n’ait pas acheté des Boeing, et les convaincre qu’on a toujours besoin de l’AGOA.

Le sommet régional de Conakry sur la progression alarmante d’Ebola semble impuissant face au décalage entre l’ampleur de l’épidémie qui a déjà fait plus de 700 morts et le manque de ressources pour la freiner sur le terrain. Le fait que la pauvreté soit omniprésente, que les frontières soient poreuses et que nombre de pays, dont la Sierra Leone et le Liberia, sortent difficilement de décennies de guerre civile n’aide pas du tout. Sur le terrain, les agences internationales constatent le manque total de confiance des habitants envers les autorités. Trente ans après l’apparition du virus, en RDC, aux abords de la rivière Ebola, le nombre de victimes était contenu. Désormais, la situation semble être hors de contrôle.

 
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