Toujours fragile !

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Nous ne sommes pas sortis du bois. C’est ce qu’indique le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur l’économie mondiale. Selon l’institution de Bretton Woods, la croissance globale sera de l’ordre de 3,4 % cette année, reflétant une baisse de 0,3 % par rapport aux prévisions initiales.

Cet abaissement des prévisions intervient à peine trois mois après que le FMI eut estimé que l’économie mondiale connaîtrait une croissance de 3,7 %. Même si la reprise est toujours en cours, elle demeure toutefois plus modérée que prévu. Une situation que l’institut des statistiques local semble avoir flairée. Il a d’ailleurs pris les devants en ramenant sa projection de croissance pour Maurice à 3,5 % contre une estimation de 3,7 % au départ en raison d’un ralentissement dans les secteurs manufacturier et de l’hébergement.

Dans une telle conjoncture, il est difficile de croire qu’il y aura un redressement sensible durant la deuxième partie de l’année. D’autant plus que les freins à la croissance sont toujours là. D’une part, le niveau d’endettement, que ce soit public ou privé, demeure élevé dans les pays avancés et, de l’autre, les pays émergents font face à un ralentissement de la croissance.

Ajouté à cela, les tensions géopolitiques autour du globe ne font qu’assombrir davantage les perspectives à court - moyen terme. Nous pensons bien évidemment aux conflits entre Israël et la Palestine, entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi à l’escalade de la violence en Iraq et en Syrie, entre autres.

Ces foyers de tension, en particulier au Moyen-Orient, peuvent à la longue avoir des conséquences très lourdes sur les cours du pétrole du fait que dans la plupart des cas, aucune sortie de crise ne semble se profiler à l’horizon. Si cela devait perdurer, nous pourrions alors dire adieu à la reprise que nous attendons depuis l’éclatement de la crise.

Même à Maurice, nous devons nous préparer à une morosité prolongée car à en croire Olivier Blanchard, le directeur du département de recherche au FMI, l’Europe, notre principal marché pour le tourisme et l’exportation, n’affiche pas très bonne mine. D’ailleurs, le FMI n’a pas voulu prendre de risque en gardant ses projections de croissance pour cette région inchangées à 1,4 % en 2014 et 1,5 % en 2015.

Des chiffres, qui selon Olivier Blanchard, cachent des réalités diverses. Par exemple, si la prévision de croissance a été revue à la hausse pour l’Allemagne, en revanche, les attentes pour la France ont été abaissées. Idem pour l’Espagne et l’Italie. Le pire dans tout cela, c’est le chômage au sein de la zone qui dépasse largement le taux d’équilibre.

Une situation qui ne manque pas de nous impacter. La preuve avec les arrivées touristiques en provenance de France, notre plus gros marché émetteur. En effet, le nombre de Français ayant visité notre île au premier semestre a pris une tendance baissière depuis le début de 2014. Ce qui fait que les six premiers mois de l’année ont été marqués par un recul de 4,3 % pour atteindre 118 852 arrivées. Rien que pour le mois de juin, le plongeon a été de 7,2 % par rapport à la période correspondante en 2013.

La seule bonne nouvelle du point de vue mauricien se trouve de l’autre côté de la Manche où l’économie britannique semble rebondir mieux que prévu. Les dernières estimations parlent d’une croissance de 3,2 % pour le Royaume-Uni contre une projection initiale de 2,9 %.

Face à l’inégalité de la reprise mondiale, Maurice devrait sérieusement envisager des mesures conjoncturelles pouvant stimuler la productivité, ainsi que la croissance potentielle. Le cas échéant, nous serons certainement obligés de revoir une nouvelle fois nos ambitions de croissance pour cette année.

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