Les inquiétudes des uns, des autres

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Alors que Bérenger s’est empressé d’aller à la rencontre de Ramgoolam, entièrement  disposé à écouter ses «inquiétudes» sur l’actualité internationale, l’on se demande si le leader de l’opposition n’aurait pas été plus inspiré de solliciter une réunion avec le Premier ministre pour traduire les inquiétudes des citoyens sur le plan national. Ainsi donc, Bérenger a jugé utile de demander une réunion auprès du chef du gouvernement pour discuter de trois sommets à venir et auxquels le PM assistera : SADC, États-Unis et COI dont le rendez-vous à Moroni n’aura finalement pas lieu, le crash d’Air Algérie ayant provoqué son annulation.

À la rencontre Ramgoolam/Bérenger de mercredi dernier, «il n’y a pas eu de koz koze, les discussions ayant eu lieu uniquement sur les sommets à venir», a voulu nous faire croire le leader des Mauves, qui a fi ni par préciser, hier, en conférence de presse, qu’il y a eu des avancées depuis le début des koz koze. Ce sont les délégués mauves, ceux-là même qui avaient obtenu la parole de leur leader sur le fait qu’il n’y aura aucun rapprochement avec les Rouges sans leur aval, qui doivent être bien amerde. Mais ça, c’est une autre histoire. Si le leader mauve a pu se précipiter à la Clarisse House pour mieux murmurer ses inquiétudes à l’oreille du Premier ministre, nous pourrions lui suggérer, ainsi qu’au chef du gouvernement, plusieurs sujets d’actualité nationale, sources d’inquiétude des Mauriciens, sur lesquels ils pourraient discuter.

Les exemples ne manquent pas, mais arrêtons-nous sur un seul. Voyez ce qui se passe avec ces patients (ils étaient quatre, ils seraient six) qui ont perdu un oeil à la suite d’une injection d’Avastin. Qui n’est pas choqué devant cette affaire ? Perdre un oeil n’est tout de même pas une banalité. Vous sortez de chez vous, vous allez en toute confiance à l’hôpital dans le cadre d’un traitement pour améliorer votre vue, et là hop, vous perdez un oeil. Avouez qu’il y a de quoi être enragé. Et l’on ne peut qu’être révolté devant les récits de ces patients qui affirment, pour la plupart, que l’injection leur a été faite sous une varangue, alors même que des travaux se faisaient dans l’enceinte de l’hôpital de Moka, entraînant ainsi de potentiels risques d’infection.

Depuis, c’est un drame humain qu’endurent ces citoyens qui n’ont pas retrouvé la vue, malgré un déplacement en Inde, et qui racontent que leur vie a basculé entre traitements et pansements, sans compter ceux qui ont du mal à gérer leurs activités professionnelles.

Bien que le ministre Lormus Bundhoo ait, suite à une question de Kavi Ramano, déclaré à l’Assemblée nationale que son ministère souhaite faire la lumière sur ces cas à travers un comité d’enquête sur cette injection et les conditions de son stockage – le député Satish Boolell ayant déclaré que ce médicament peut être contaminé s’il n’est pas stocké dans des conditions sanitaires appropriées –, pour l’heure, c’est le public qui s’interroge.

Nombre de ceux qui sont en traitement à l’hôpital de Moka, essentiellement nos aînés, sont troublés par cet épisode et se laissent gagner par une psychose quand ils n’affirment pas tout haut ne plus avoir confiance en cet établissement hospitalier. Le doute est compréhensible devant la quantité de cas de négligence médicale alléguée enregistrée dans nos hôpitaux et rapportée par nos journaux. Et trop souvent, les résultats tardent à venir pendant que les patients endurent leur calvaire dans l’indifférence.

La santé étant la préoccupation de tous, voilà donc un sujet de discussion, une inquiétude que Bérenger aurait pu faire sienne et partager au Premier ministre. Après tout, il occupe toujours le poste de leader de l’opposition, dont la fonction est de questionner les dysfonctionnements du gouvernement…

 
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