Une fausse rupture définitive ?

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«Même si Ramgoolam degiz li an Miss Univers, pa pou ena lalians», disait un Bérenger en «rupture totale» avec les Rouges sous les applaudissements des militants mauves lors de sa dernière assemblée des délégués. Est-ce parce que la politique, telle qu’elle est pratiquée ici, est l’art de tous les possibles et de tous les mensonges qu’on renifle une énième option MMM/PTr en mode re-re-«on», malgré tout ce qui a été dit ? Ramgoolam a-t-il sorti des armes de séduction insoupçonnées ?

D’aucuns se demandent s’il a vraiment besoin de faire montre de ses atouts de charme pour exciter politiquement le leader de l’opposition. La nuance des propos de Bérenger en conférence de presse ce samedi témoigne d’un changement de ton qui n’a échappé à personne. Ainsi donc, le «off» qui prévalait pendant le dernier épisode politique rouge-mauve s’est transformé en un «si alliance il y aura avec le PTr, l’assemblée des délégués sera consultée». Par quel miracle une «rupture définitive» deviendrait-elle une nouvelle possibilité de «si» ? Et pourquoi le leader de l’opposition voudrait-il consulter une assemblée des délégués qui a déjà fait une démonstration de sa colère en criant haut et fort «Ramgoolam non» ? Le coeur mauve a ses raisons que la raison démocratique ne connaît point.

Est-ce le rappel du Parlement, prévu pour le 4 juillet prochain, une annonce en forme de gong qui sauve Bérenger, en lui permettant de faire l’économie d’une humiliante manifestation solitaire – boudée par les autres forces de l’opposition –, qui a remis du baume rouge au coeur du leader du MMM ? Comment expliquer sinon sa lourde insistance à marteler (en direction de sa base) que l’alliance avec le MSM est «out», critiquant tour à tour Pravind Jugnauth et SAJ, découvrant après trois ans d’amour mauve-orange que SAJ, qu’il a lui-même débauché de la présidence, tiendrait «bann koze rasis» en privé ? D’un coté, Bérenger concentre tous ses tirs sur le MSM, de l’autre, on prend note d’une absence totale de critiques sur Ramgoolam qui il y a peu «zigzaguait» avant d’être sous sa menace d’une motion de censure.

Cela dit, il n’y pas que le ton de Bérenger qui laisse interpréter une nouvelle vieille avenue koz koze. Lors du cocktail offert par l’ambassade malgache, on aura noté l’ambiance détendue entre Ramgoolam, Bérenger (que le fameux mot «ultimatum» ne sépare plus) et le Président de la République Kailash Purryag, les trois affichant leur bonne entente devant les caméras et fuyant comme un seul homme SAJ. Autre indication : la conférence de presse, en début de semaine, de Ramgoolam, qui a annulé son voyage en Guinée équatoriale pour annoncer le mini-amendement et la reprise des travaux parlementaires vendredi prochain, traduisait le mood d’un Premier ministre qui épargnait soigneusement Bérenger de toute critique face aux questions de la presse. Devant cette lecture, doit-on humer le parfum d’élections anticipées après la présentation du mini-amendement vendredi prochain ? Un mini-amendement qui en soi ne constitue qu’un petit pas contrairement à la grande réforme électorale souhaitée et qui a pourtant l’air de satisfaire le leader de l’opposition. Celui-ci, attendu impatiemment pour un positionnement clair à la rentrée parlementaire, sera une nouvelle fois sauvé le 4 juillet prochain par l’absence d’une PNQ et des PQs non prévus à l’agenda…

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