Abdication…

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Une époque est manifestement révolue. Et avec, sans doute, la mode du jeu à l’espagnole. Il aurait sans doute fallu se méfier dans le sillage de la saison du Barça – dépositaire de ce jeu ahurissant qui aura fait tourner la tête à l’Europe depuis quelques années – qui n’est jamais parvenu à réciter ses classiques.

Les Pays-Bas, lors du premier match, et le Chili, mercredi soir, auront en fin de compte appliqué la même recette qui aura permis à l’Atletico Madrid d’être champion et au Real Madrid d’aller gagner la Champions League : une condition physique au point, un jeu collectif bien huilé et un réalisme implacable. Mais, tout de même, on espérait un peu plus d’orgueil de la bête blessée.

Et de réaction d’amour-propre il n’y eut point mercredi soir. Perdus dans la nasse chilienne, les hommes de Del Bosque ont paru subitement normaux. Aucun coup de génie, envolé le jeu de passe… Il n’aura donc pas suffi de changer quelques hommes. Ou alors il aurait fallu être encore plus ambitieux, ce qui ne semble pas être la marque de l’entraîneur espagnol. C’est la faillite, en somme, d’un système qui n’a pas su se renouveler, se réinventer. L’Espagne a abdiqué dans le jeu. Tout le drame est là.

Pour être de ceux qui ont rêvé six ans durant devant le spectacle permanent, hallucinant que produisaient à chaque match les Barcelonais (deux championnats d’Europe et une Coupe du monde) et la sélection espagnole la pilule est dure à avaler. Mais on se gardera de jeter l’enfant avec l’eau du bain. Il existe une talentueuse nouvelle génération de joueurs espagnols. Et il est à parier, forts des enseignements tirés de cette désastreuse campagne – la malédiction des tenants, la France et l’Italie avaient subi le même sort – que les Espagnols prendront le taureau par les cornes pour retrouver leur splendeur passée. Le football mondial doit beaucoup aux Espagnols. Vivement qu’ils retrouvent leur rang.

Comme les Pays-Bas lors du premier match, le Chili a fait exactement ce qu’il fallait pour gripper la mécanique espagnole. Présents, gagnant presque tous leurs duels, plantant les banderilles au plus fort de leur domination, les Chiliens ont joué un match quasi parfait. Cette équipe, sur laquelle je n’aurai pas personnellement misé un Peso, est une des plaisantes surprises de cette Coupe du monde. L’envie et le sens aigu du collectif font des Chiliens de sérieux candidats pour aller loin dans cette compétition. Il faudra les revoir face à un adversaire en pleine possession de ses moyens.

Le match Australie - Pays-Bas aura, pour sa part, amplement démontré que nous sommes bien dans une nouvelle ère footballistique mondiale. Jamais, jusqu’ici, nos lointains voisins n’avaient été Aussie bons. Avec un peu plus d’expérience les Australiens auraient sans aucun doute contrarié jusqu’au bout les desseins des Pays-Bas. Mais il aurait fallu, pour cela, que l’équipe de Luis van Gaal continue à déjouer pendant 90 minutes. En revenant à une disposition tactique plus naturelle (4-3-3 plutôt que 3-5-2), l’équipe néerlandaise a fait proprement et avec sérieux le boulot.

Les Camerounais, sans surprise, sont, eux, également déjà éliminés. Miné par ses interminables conflits internes (illustration parfaite avec l’altercation entre Assou-Ekotto et Moukandjo en fin de match), le Cameroun ne s’est jamais senti concerné par cette Coupe du Monde. Ce désastre – vu la qualité des joueurs – est indigne de ce continent africain. Mais est-ce bien surprenant quand l’amour de l’argent prime sur l’amour du maillot, de l’honneur de son pays ? Pitoyable…

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