Bouz fix

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Et c’est reparti pour un énième tour de poker menteur ! Voyez-vous un changement dans la lecture de la situation entre hier, samedi 14 juin, et la semaine dernière ? Quel crédit devrait-on accorder à la parole de Bérenger qui nous dit qu’il est re-repassé en re-remode off. Même s’il affirme que cette fois la rupture est définitive, la saga de ces dernières semaines démontre qu’il y a loin des négociations aux déclarations.

Et tant qu’on n’est pas à la veille des élections générales, qui peut donner la garantie de qui sera en alliance avec qui ? Donc, tout au long de cette semaine, on nous a joué le disque rayé d’une alliance soi-disant conclue, toujours pas réalisée et qui a fini par rompre hier soir. Et tout ça sous les yeux d’un pays pris en otage qui regarde ébahi ce spectacle médiocre. Ainsi, ces derniers jours, on aura assisté à des scènes pathétiques.

D’un côté, le leader de l’opposition, qui n’oppose plus, a péché par un excès de confiance en début de semaine. Vint ensuite une «irritation» avant que le tout ne se termine sur une note «amerde» et une «rupture défi nitive». De l’autre côté, Ramgoolam, qu’on disait piégé par le leader de l’opposition, a freiné l’ardeur des Mauves, en révélant qu’il y a toujours plusieurs points de désaccord sur l’hypothétique alliance rouge-mauve.

Du coup, lui aussi plutôt amerde, a fait savoir qu’il n’obéit à aucun lobby et a achevé la semaine en envoyant un message à celui qui était encore son futur partenaire, lui indiquant qu’il ne travaille pas en fonction des deadlines des Mauves. Oui, oui, la guerre des nerfs avait commencé avant la concrétisation de l’alliance. Allez savoir comment ils voulaient gouverner le pays...

On a beau regarder ces scènes ridicules de «la» telenovela mauricienne du moment avec dégoût, sinon détachement, il est temps de se dire que la politique n’est pas une téléréalité. Encore moins un foutoir comme celui dans lequel nous ont plongé deux leaders qui, pourtant, se targuent d’être à la tête des deux plus grands partis de Maurice. Croient-ils réellement que les citoyens méritent ces ridicules épisodes amour/désamour ?

Alors que, pendant ce temps-là, le monde jette un regard suspicieux sur Maurice et son Assemblée nationale fermée pour cause de vacances forcées inutiles. Cela fait un mois depuis que cette voie démocratique est verrouillée et ce n’est pas normal. C’est un scandale et même si les politiciens font tout pour faire croire que nous prêchons dans le désert, nous ne devons cesser de réclamer la reprise des travaux parlementaires.

D’autant que l’ironie, ou plutôt le ridicule quand il ne tue pas, veut que Ramgoolam et Bérenger nous aient regardé droit dans les yeux, le fameux samedi de la rencontre historique d’après 17 ans, en nous disant qu’ils voulaient faire de Maurice un pays phare, un modèle dans l’approfondissement de sa démocratie aux yeux du monde. Comment ? En maintenant la fermeture de notre Parlement pour d’obscures raisons. Les Mauriciens ont-ils l’air bêtes au point que les politiciens peuvent dire n’importe quoi ?

Nous noterons que, jusqu’ici, dans toute la bataille en vue d’une alliance avait lieu autour des places des uns et des autres. Lui allait être Président de la République, elle speaker, celui-là numéro 3… Programme, vision de Maurice ? Une moralisation de la politique ? Who cares ? Comment diminuer le chômage, quelle position Bérenger allait-il adopter sur la carte d’identité biométrique s’il entrait au gouvernement ? Pa kone. Ce qui importe pour les deux hommes, c’est de tailler une feuille de route servant leurs intérêts communs.

Pendant que les deux «kamarad» se moquent de nous, la dure réalité sociale nous explose au visage sans que cela n’émeuve nos élus. La pauvreté agresse nos yeux, blesse la dignité des nécessiteux et bouleverse le peuple. Dans un poignant reportage la semaine dernière, notre consoeur Husna Ramjanally (Le Mauricien) nous racontait le pénible quotidien d’un vieux couple (90 et 86 ans) qui vit dans des conditions exécrables. Dans l’indifférence des politiciens. Ce reportage, partagé sur Facebook, a fait réagir des Mauriciens, provoquant heureusement une chaîne de solidarité autour de «ces oubliés du développement».

Dans l'édition de 5-plus ce dimanche, notre journaliste Laura Samoisy témoigne du récit d’une petite fi lle de 8 ans, victime d’un pédophile. Derrière cette histoire, c’est l’un des visages de cette autre Maurice que nous regardons. Misère, promiscuité, enfants non scolarisés, des familles habitant des cases en tôle et vivant sans eau, ni électricité… Triste image du pays-phare, du pays modèle… 

Pendant ce temps, il y a ceux qui préfèrent jouer au poker menteur…

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