Galimatia

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Pli ou tourn paz, pli ou trouv zimaz… nous apprend ce dicton populaire qui s’adapte parfaitement à la situation politique locale. Ainsi donc, en quelques heures hier (Ndlr samedi 7 juin) – une journée inoubliable, historique dirait l’autre –,on aura tout vu de notre cirque local : les déclarations d’amour, les sourires complices devant les caméras après 17 ans, les conditions réunies pour une éventuelle alliance PTr-MMM, l’émotion devant le rendez-vous avec l’Histoire, les intentions de mettre les divergences de côté, l’un voyant Maurice comme un modèle, l’autre comme un phare.

Bref, même si on a ressenti, dans leur première conférence commune d’hier, quelques nuances, la scène jouée devant les caméras avait comme message principal l’accord des deux leaders des deux plus grands partis pour une île Maurice meilleure. Ah,les grandes envolées sur l’exemple qui sera donné au monde à travers l’approfondissement de notre démocratie se sont littéralement envolées quelques heures plus tard, quand Bérenger annonça le divorce d’un mariage qui n’avait pas encore été célébré. Il n’y a que sous nos tropiques que ce genre d’épisode peut se jouer ! Mieux que les telenovelas, il y a Ramgoolam et Bérenger. Mais le meilleur restait à venir. À la suite d’une question de Radio One, sur le fait que ces désaccords invoqués n’avaient pas transpiré pendant la conférence de presse plus tôt, le leader du MMM fit la déclaration suivante : «Il fallait lire entre les lignes.» En clair donc, si on suit sa logique, quand lui et Ramgoolam ont rencontré la presse à la mi-journée hier, ils savaient tous deux qu’il y avait des divisions, qu’au fond, toutes les conditions n’étaient pas vraiment réunies, qu’au fond, Maurice ne sera qu’un modèle pour quelques vilaines scènes ridicules. N’empêche, ils ont joué la scène d’amour jusqu’au bout.

Certes, de temps en temps, on pouvait décoder, à travers quelques messages envoyés mutuellement, que tout n’était pas parfait dans ce nouveau bonheur. L’on retient, par exemple, l’insistance des deux à faire comprendre, pendant la conférence de presse, que la page MSM avait été tournée définitivement. À croire que l’un et l’autre voulaient faire comprendre que si alliance il n’y a pas, une coalition post-électorale reste du domaine du possible. Enfin, entre possible et impossible, il n’y a qu’un pas, comme nous l’a démontré le grand galimatia de ces derniers jours. Cassure MMM-MSM, flirt Rouge-Mauve, départ du PMSD, dont on évoque déjà le come-back depuis hier soir, fiançailles MMM-PTr, puis l’alliance off

À écouter certaines sources, il semblerait que ce soit le choix du vice-Premier ministre (le nom de Kailash Purryag pressenti semble-t-il initialement à ce poste avec la bénédiction de Bérenger aurait provoqué un désaccord dans le camp rouge) ainsi que quelques candidats dont le MMM ne voulait pas, qui ont eu raison de la future alliance.

Mais qu’est-ce qu’on s’en fout de leur histoire de place, de qui aura le ticket, qui ne l’aura pas. L’opinion publique retient que, avec la fermeture du Parlement d’une manière indéfinie, notre démocratie est toujours confisquée, les leaders eux-mêmes ne sachant plus qui fait partie du gouvernement, qui fait partie de l’opposition. L’opinion publique retient que sous prétexte de discussions stériles sur la réforme électorale, deux leaders nous prennent pour des imbéciles. L’opinion publique retient que les politiciens de Maurice perdent de plus en plus leur crédibilité dans des chapitres les uns plus grotesques que les autres. Pli ou tourn paz, pli ou trouv zimaz….

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