Et si c’était eux la vraie alternance ?

Avec le soutien de

On peut apprécier son engagement syndical ou pas, l’aimer sur le plan personnel ou pas, surtout quand il prend ses airs de puissant orateur en intellectualisant certains des maux qui rongent la société, mais on ne saurait passer sous silence, ou minimiser, l’impulsion qu’Ashok Subron donne à Rezistans ek Alternativ depuis 2005. Sa démission de Lalit en 2004, accompagnée de celle d’autres militants a, peut-être, réduit ce parti-ci (lui-même né d’une scission au MMM au début des années 80) à une clique familiale. En parallèle, force est de constater que Rezistans ek Alternativ n’a cessé de revigorer le combat citoyen en faveur d’un système politique débarrassé de ses tares ethniques. Subron et ses camarades de Rezistans méritent d’être soutenus pour leur lutte, à la fois personnelle et collective, contre le communalisme institutionnalisé et, partant, pour une refonte de notre système électoral inique et dépassé. Celui-ci ne bénéficie, au final, qu’à une poignée de dynasties politiques, à la fois au pouvoir et dans l’opposition, patronymes connus et leurs cousins germains.

Rezistans ek Alternativ a réussi là où le MMM a échoué et continue d’échouer lamentablement depuis 30 ans (dixit Bérenger lui-même !). Dans leur combat en faveur du mauricianisme, les Rezistans, encouragés en chemin par une quarantaine d’autres citoyens – (créant le désormais célèbre Blok 104 ; puissant symbole citoyen qui donne à cette alternance politique nécessaire des visages bien mauriciens, venus de divers horizons) – ont réussi à mettre au pied du mur le puissant gouvernement PTr-PMSD, en lui collant aux basques deux institutions : les Nations unies et la Cour suprême. L’opposition parlementaire devrait en rougir. Car avec tous ses dinosaures et ses millions ramassés – depuis des décennies du secteur privé – elle n’a pu faire mieux.

***

D’aucuns spéculent que le Parlement, devenu l’otage de l’exécutif travailliste, voire d’un chef de parti sur le pied de guerre électoral et constitutionnel, ne reprendrait pas cette semaine. Sous la triple pression de Rezistans-ONU-Cour suprême, Ramgoolam doit éplucher les quelque 170 documents soumis dans le sillage de son livre blanc (que le revenant Rama Valayden appelle plutôt un «livre vert» – voir son interview en page 14), afin d’accoucher de son Constitution Amendment Bill avant le prochain scrutin. Le temps presse, les forceps sont prêts pour le rapport. Il lui faut faire un amalgame entre réforme électorale, seconde République, nouveau charme à Bérenger pour trouver une majorité de trois quarts à l’Assemblée nationale. Entre-temps, par l’intermédiaire de son 2e Attorney General (Yatin Varma nous avait déjà bernés sur la question de la publicité gouvernementale !), il a donné sa parole à la justice et au public. Une parole qui s’envole, hélas, trop souvent pour être prise au sérieux. Quant à nous, nous choisissons de demeurer sceptiques.

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