Rétrospective : Premier meeting du 1er mai

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En 1938 a eu lieu le premier meeting du 1er mai à Maurice. Mais ce n’était pas un jour férié. Il a fallu la lutte de Guy Rozemont et d’autres membres du Parti travailliste pour que le 1er mai soit décrété jour férié en 1950.

Ils étaient environ créatifs africains 20 000 travailleurs à assister au premier meeting du 1er mai tenu à Maurice le 1er mai 1938. Un meeting, tenu au Champ-de-sous la présidence du Dr Maurice Curé. Plusieurs orateurs s’étaient adressés à la grande foule ce jour-là.

En ce jour du 1er Mai, tous les peuples du monde entier à quelques exceptions près observent la Fête du travail, donc jour de fête, voire de repos pour la majorité des travailleurs. Des syndicalistes en profitent lors des rassemblements pour faire entendre leur voix en vue de quelques revendications tout en dénonçant des abus et autres injustices dont sont victimes certaines catégories de travailleurs, de la part des employeurs. À Maurice, une loi a été votée dans ce sens en 1950 pour donner aux travailleurs leur dignité tout en revalorisant leur labeur.

Guy Rozemont prend l’initiative en 1949 de demander au Conseil législatif

de décréter jour férié le «Labour Day».

C’est le regretté Guy Rozemont, député du Parti travailliste, qui prend l’initiative en 1949 de présenter une motion au Conseil législatif. Cela dans le dessein de décréter jour férié le Labour Day. Ainsi se présente-t-il comme le champion de la cause des travailleurs et aussi le porte-parole des êtres inférieurs.

Ce faisant, il mène une croisade contre les capitalistes de l’époque qui exploitent les travailleurs. Ces derniers sont affectés pour la plupart dans les champs de canne où ils ne perçoivent aucune allocation une fois devenus vieux, ni ne jouissent d’aucun autre avantage en cas de maladie, de blessure ou de non-emploi.

Rozemont souligne cette situation inhumaine, et pour la compliquer davantage, ces travailleurs ne sont pas rémunérés adéquatement à tel point que leur progéniture ne peut aspirer à recevoir l’éducation tant au primaire qu’au secondaire.

Le député s’élève aussi contre le traitement qui est accordé aux travailleurs des champs, ce qui fait qu’ils sont considérés comme étant des êtres inférieurs. Il insiste sur le fait que le travail qu’exécutent ces derniers est «noble», car sans ce labeur ni les planteur ne peuvent survivre, ni le pays ne se développe. Rozemont utilise ces arguments pour éveiller la conscience des travailleurs en vue d’un lendemain meilleur.

Le bouillant député, convaincu de la lutte qu’il mène pour la reconnaissance du patronat envers des travailleurs et fort de ses arguments à l’effet que ce sont ces derniers qui ont travaillé pour lui apporter la prospérité, voit la nécessité de présenter une motion au Conseil législatif selon laquelle le Labour Day devrait être décrété jour de congé public.

Dans sa motion, Rozemont met l’accent sur la contribution des travailleurs au développement du pays et fait un appel à la Chambre pour ce qu’il considère «comme un changement de coeur» envers eux.

Avançant le fait que ne craignant pas de voir leur salaire réduit pour un jour (celui du 1er mai), ils peuvent se faire un devoir de se rassembler en un lieu pour se montrer solidaires les uns des autres. Ils peuvent se pencher sur ce qu’ils ont accompli déjà, et voir en quoi ils sont capables de mieux à l’avenir. De même qu’un congé payé leur donnerait un certain statut comme partie prenante des affaires publiques. Ce sera, à son point de vue, au crédit des  planteurs ou autres usiniers de reconnaître ce jour de congé qui se fait dans la discrétion en reconnaissance des principes mêmes du travail. Et ce sera, dit-il, le symbolisme d’une forme de coopération entre les travailleurs et leurs employeurs.

Ces arguments de Rozemont sont convaincants et même quelques conservateurs ne peuvent refuser de voter en faveur de sa motion. Le Labour Day (le jour des travailleurs) est donc décrété jour férié en 1950 à la grande joie et satisfaction de tous les travailleurs de l’île Maurice.

Il va sans dire que cela n’aurait jamais été possible sans l’appui et la détermination de ceux-là faisant partie du Labour Party (Parti travailliste) dont Maurice Curé, Emmanuel Anquetil, sir Seewoosagur Ramgoolam, Renganaden Seeneevassen et Guy Forget.

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