Rann nu nu pei

Avec le soutien de

Ce sont les enfants de la République qui finn byen amerde, ce sont les enfants de la République qui n’ont aucune chemistry avec les pouvoiristes, ce sont les enfants de la République qui veulent une rupture totale avec la politique telle qu’elle est pratiquée jusqu’ici. Car les Mauriciens en ont marre. Marre que deux leaders des deux principaux partis, professionnels en manipulation et mensonge, aient fini par croire qu’ils sont les propriétaires de Maurice, marre que les intérêts individuels prennent le dessus sur un aussi important projet qu’est celui de la réforme électorale. Marre que le Premier ministre ne respecte pas son engagement et affirme que cette réforme aura lieu après les élections générales. On comprend donc que les prochaines législatives passeront par l’obligation des candidats de décliner leur appartenance communale. 

Or, il y a à peine trois semaines, Ramgoolam, portant son costume de progressiste, nous avait fait miroiter l’espoir d’un meilleur vivre ensemble. Ce jour-là, en direct à la télévision, le Premier ministre avait réussi magistralement la présentation de son livre blanc. Et tous, citoyens, politiciens, observateurs, avaient salué ce premier pas nécessaire à la transformation d’une société meilleure, qui avait pour ambition de rayer à jamais l’humiliant Best Loser System, nourri par un regrettable système basé sur l’ethnicité. Le rendez-vous avec l’histoire était à portée de main. 

Mais voilà qu’aujourd’hui, deux rencontres plus loin avec le leader de l’opposition, l’on constate que le Premier ministre recule. Voilà donc qu’on annonce le sacrifice de la réforme sur l’autel des intérêts des uns et des autres. Dans cette histoire, le citoyen lambda ne comprend pas comment des discussions autour d’un meilleur système électoral se sont transformées en pourparlers autour d’une deuxième République, pour déboucher sur des négociations d’alliance rouge-mauve sur fond d’alchimie avant que les ponts ne soient définitivement coupés. Que les politiciens se courtisent, se caressent, couchent ensemble et ne s’aiment plus en 24 heures, c’est leur problème et non le nôtre. 

Mais il est inadmissible qu’ils prennent la liberté de confisquer notre droit à la démocratie. Inadmissible qu’un amalgame kase ranzed’alliances politiques renvoie aujourd’hui la réforme aux calendes grecques. Inadmissible que, pour un projet d’une telle envergure, deux leaders se croient autorisés à décider de l’avenir de notre pays. à croire donc que la soi-disant date butoir du 5 mai n’est qu’une mascarade si le PM a déjà décidé qu’il n’y aura pas de réforme électorale avant 2020. Mais qu’est-ce que la réforme électorale a à voir avec des jeux d’alliances ? N’est-ce pas là une attitude qui témoigne de l’accaparement du pays par cette classe politique passéiste, à qui les Mauriciens devraient, ensemble, dire non ? 

Justement, dans son récent et enrichissant livre Dire non, Edwy Plenel lance, en forme de manifeste, un appel au sursaut démocratique et social. L’auteur, dans l’annexe adressé au Président Hollande, a ces mots qui ne peuvent qu’inspirer nos leaders politiques, particulièrement Ramgoolam qui a eu l’oreille du directeur de Mediapart lors du Salon Confluences 2014 : «Ne vous contentez pas d’utiliser à votre profit immédiat des institutions qui, en l’état, vous confèrent un pouvoir immense ; veillez plutôt à les réformer pour le profit durable d’un peuple qui, dans la diversité confuse de ses votes, aspire à partager le pouvoir. Loin d’être un luxe dans un contexte de crise économique et sociale, la question démocratique en détient en grande part la clé. Car elle libère l’énergie positive d’une République redevenue bien commun, dont tous les citoyens sont réintégrés dans la cité, égaux en droits et en devoirs, acteurs de leur destin et non plus spectateurs passifs (...)»  Que les politiciens comprennent que Maurice n’est pas leur bien. Ce pays appartient à tous les enfants de la République… 

C’est avec indignation que nous avons écouté le récit fait sur les ondes de Radio One par Mirella Rabaye. Cette quadragénaire a perdu son bébé dans des circonstances graves. Son récit est bouleversant et révoltant. Admise à l’hôpital de Flacq, et pliée sous les contractions qui annonçaient la venue imminente de son bébé, cette maman n’a pas eu les soins nécessaires. Le spécialiste censé être de garde ce soir-là, ne s’était pas déplacé bien que l’infirmière de service lui ait téléphoné à plusieurs reprises, expliquant que la situation était compliquée, le bébé se présentant par les pieds. Mais le spécialiste n’est jamais venu. Résultat : l’enfant est né, puis est mort. Cette affaire est hautement condamnable. Les coupables ne peuvent fuir devant leur responsabilité. Nous nous attendons à une enquête diligente et à des sanctions de la part du ministère de la Santé. 

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires