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Budget: plutôt torturer… que soigner

11 juin 2022, 11:01

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Rs 14,7 milliards. Rs 10,9 milliards. Le premier est le budget alloué à la Santé. L’autre à la police. À peine Rs 3,8 milliards de différence. La Santé, rappelez-vous, ce au nom de quoi nous vivons sous masque. Ce qui nous empêche de nous rassembler. Pour laquelle nous avons subi et sommes encore en train de subir pléthore de restrictions. Ce au nom de quoi nous avons fermé nos frontières et vécu deux confinements.

Nous avons empêché nos enfants d’aller à l’école et sacrifié leur avenir. Nous avons vu une de nos principales ressources financières, le tourisme, s’étioler. Nous avons perdu presque deux ans de notre vie. Notre emploi, pour certains. La Santé, au nom de quoi, vu la crise économique qu’ont engendrées les mesures contre le Covid, ce Budget prévoit Rs 15 milliards d’aides sociales, pour contrer l’inflation, entre autres conséquences de cette politique sanitaire.

La police. Qui bénéficie d’à peine moins de Rs 3,8 milliards que la Santé. La police, dont une partie des membres torturent à coups de taser des citoyens suspects (pas les gros caïds, ceux-là on ne les attrape jamais, trop protégés, trop argentés). Qui bénéficie chaque année d’un budget qui se chiffre en milliards mais opère encore de façon moyenâgeuse. La police qui prend des années pour terminer une enquête et laisse des citoyens mourir en détention préventive (un mort en détention a autant de valeur qu’un mort du Covid). Ces forces de l’ordre qui ne font rien quand on leur donne une photo de cambrioleur, mais qui sont obsédées par les fesses d’un suspect…

À qui l’on va donner un énième hélicoptère (acheté à l’Inde, cela s’entend), qui ne pourra pas faire de recherches la nuit ou quand il y a la pluie ou quand il y a du vent… Cette police qui prend un an avant de donner les résultats d’analyse de drogue ou d’ADN. Qui écrit encore (et se trompe le plus souvent sur le nom des gens) dans de grands livres, à l’heure où on devrait avoir des ordinateurs pour la saisie des dépositions et une base de données informatisée. On va donner des véhicules. Pour quoi ? Jeter des suspects par la portière ? Quand les services de police seront-ils informatisés ? Quand va-t’on arrêter d’écrire sur le papier pendant des heures – des aveux sous la pression parfois ou au détriment d’autres affaires plus sérieuses d’autres fois – et pourra-t-on tout numériser ?

Chaque poste de police fonctionne en vase clos, avec des dossiers papiers. Au lieu de donner des véhicules à l’ADSU, ne pourrait-on pas leur fournir des ordinateurs et connecter tous les postes de police entre eux ? Ce sont des atouts que l’on pourrait obtenir sans beaucoup de frais, sans rien importer; de nombreux Mauriciens seraient capables de développer une e-police, même des policiers, c’est dire !

En revanche, on ne donne pas d’hélicoptère au SAMU pour qu’il arrive plus vite sur le lieu d’un accident ou qu’il sauve in extremis une personne en train de faire une crise cardiaque ou un AVC. Ce citoyen va devoir attendre. Qu’une ambulance le prenne pour le conduire dans un hôpital dégoûtant où déjà patientent 50 personnes aux urgences. Qui vont souvent mourir de septicémie car l’hygiène (qui ne coûte pourtant pas cher à maintenir, mais qui n’offre guère de commissions) laisse à désirer.

Mais puisque ce gouvernement vous dit qu’il a le peuple à cœur… de quoi en faire une crise cardiaque, oui !