Accent sur la dépense

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Le troisième grand oral de Renganaden Padayachy est davantage axé sur la production que la consommation, avec un intérêt particulier pour la sécurité alimentaire et la transition énergétique. Cependant, le Grand Argentier subventionne largement la production, tablant du coup sur une très forte hausse de Rs 77,5 milliards du produit intérieur brut (PIB) en 2022-2023. C’est un pari tellement ambitieux qu’il serait plus prudent d’analyser les indicateurs budgétaires en absolu plutôt qu’en ratio du PIB. 

De Rs 25 milliards en 2021-2022, le déficit budgétaire reculera à Rs 23 milliards en 2022-2023, selon les données officielles. Mais le ministre sacrifie le budget du développement (qui baissera de Rs 5 milliards) pour accroître les dépenses courantes (comme la pension de vieillesse) de Rs 16 milliards. Il escompte que cette hausse stimulera la consommation agrégée, ce qui, par l’effet multiplicateur keynésien, élèvera le PIB nominal du pays – mais pas nécessairement le PIB réel, qui est tributaire de l’effet prix. 

Or le montant des dépenses totales représente le niveau effectif des impôts, directs et indirects. Les recettes fiscales augmenteront de Rs 22 milliards. Sinon, le gouvernement peut avoir recours à l’endettement, mais une dette est, selon l’expression du prix Nobel d’économie James Buchanan, un impôt différé. Une autre alternative est la planche à billets, mais elle est cette fois mise au placard. 

A dire vrai, se focaliser sur le déficit n’est pas une bonne approche. Ce qui compte pour l’économie n’est pas la taille du déficit public, mais celle des dépenses du gouvernement, soit des ressources que celui- ci détourne vers ses activités au détriment des secteurs productifs. Le gouvernement ne crée pas de richesses, il les consomme. Plus il dépense, subventionne et distribue des prébendes, plus il prend des ressources des générateurs de richesse, ce qui sape le processus de création de richesse. Le secteur privé se rétrécit en proportion de l’accroissement de l’État. 

Si le gouvernement générait de la richesse, il s’autofinancerait, il n’aurait pas à ponctionner les producteurs privés, et la taxation ne serait pas un enjeu majeur. Mais comme les dépenses publiques continuent de croître, aucune réduction de taxes n’est possible. Une baisse du déficit budgétaire ne conduit pas automatiquement à moins d’impôts. C’est seulement quand le gouvernement coupe ses dépenses que le fardeau fiscal peut être allégé. 

Étant un consommateur plutôt qu’un producteur de richesse, le gouvernement ne peut pas contribuer au volume de l’épargne nationale. Lequel ne peut pas grossir avec une hausse des dépenses publiques, mais au contraire, il se réduit comme peau de chagrin à cause d’elle, étant donc moins disponible au secteur privé. Si l’épargne n’est pas suffisante pour que le pays s’offre de meilleures infrastructures publiques, alors il faut du temps pour l’accumuler. 

Faute de temps à ce stade du cycle politique, le budget 2022-2023 ne faisant pas exception à la règle, on continue de s’endetter en mettant l’accent sur la dépense.

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