Effets structurels du Covid

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Une pandémie dure en général deux ans. Ainsi, «The Economist» estime que «Covid-19 is likely to fade away in 2022». À Maurice, le fait que le gouvernement est revenu sur le relâchement des restrictions sanitaires témoigne que le coronavirus n’a pas fini de pourrir la vie des gens. Le tourisme n’en sera pas affecté mais, bien que l’économie ne soit pas dans le noir d’un confinement national, elle ne voit pas encore la lumière au bout du tunnel. Même si l’on s’attend à une décrue de l’épidémie l’année prochaine, il convient d’évaluer son impact sur la structure économique du pays à court et moyen terme.

D’abord, la structure de production souffre encore des séquelles des deux confinements et de la fermeture des frontières. Les divers secteurs qui sont associés au stade de la consommation finale, tels le tourisme, le transport, la restauration et les loisirs, font toujours l’expérience d’une faible demande. Si cela était compensé par une plus forte dépense dans les autres activités, la demande agrégée aurait repris sensiblement. Mais ce n’est pas le cas : selon Statistics Mauritius, la consommation des ménages au premier/deuxième trimestre de 2021 était très inférieure au trimestre correspondant pré-Covid de 2019, tout comme l’était le troisième/quatrième trimestre de 2020 par rapport à la période correspondante de 2019.

Ce ralentissement de la consommation est reflété dans l’augmentation de la demande de monnaie : d’après la Banque de Maurice, la croissance de la monnaie en circulation (currency with public) en rythme annuel était de 18,1 % en septembre 2020 et de 8,8 % en septembre 2021. La demande de monnaie est donc toujours dans une tendance haussière, mais moins fortement, ce fléchissement expliquant en partie la résurgence actuelle des prix.

Incidemment, Statistics Mauritius prévoit une remontée de 3,2 points de pourcentage du ratio épargne/ PIB et de 1,5 point du taux d’investissement privé en 2021. Comme quoi l’investissement s’accroît quand les encaisses monétaires (cash balances) s’accumulent par une baisse de la consommation. Les investisseurs peuvent réaffecter efficacement les facteurs de production dans un contexte d’une épidémie, qui n’est pas celui d’une crise financière.

Augmenter les encaisses est une façon d’affronter l’incertitude, celle qui découle de la pandémie. Cette incertitude a ceci de bon que les gens croient… dans l’avenir et gardent toutes les options ouvertes afin de faire face à toute situation imprévue. S’ils avaient la certitude, en entendant les discours anxiogènes sur le Covid et le climat, que leurs jours étaient comptés, ils auraient dépensé leur argent aussi vite que possible pour jouir de la vie, comme on l’a vu lors de la peste bubonique à Florence au milieu du XIVe siècle.

La peste noire avait décimé un tiers de la population de l’Europe, ce qui a résulté en un manque de main-d’œuvre et un bond considérable du salaire réel. Le coronavirus, lui, n’a pas eu un effet notable sur l’offre de travail, puisqu’il a tué très peu de jeunes adultes, préservant ainsi la force de travail du pays. Du reste, contrairement à une guerre, le coronavirus ne détruit pas les infrastructures, et de ce fait, l’économie est en mesure de rebondir assez rapidement.

À Maurice toutefois, le taux d’activité a drastiquement chuté, passant de 59,1 % au premier trimestre 2020 à 51,8 % au deuxième trimestre 2021. Entre-temps, le taux de chômage des jeunes (16 à 24 ans) s’est accru, de 23,5 % à 32,4 %. Ce n’est pas moral de sacrifier une génération de jeunes au nom d’un nihilisme sanitaire qui place la santé au-dessus de tout.

Les personnes qui se sont retrouvées au chômage devront être réallouées à des emplois fructueux dans des filières de production alternatives. Une économie minée par une pandémie requiert un ensemble de conditions qui lui permettent de s’adapter aux nouvelles circonstances au moindre coût possible, et de faire le meilleur usage des ressources actives qui restent dans les secteurs pénalisés. La structure productive devra s’aligner sur l’évolution des besoins des consommateurs, désormais plus axés sur la santé et les technologies en ligne.

La réaffectation des ressources, nécessaire au processus de réajustement économique, ne sera possible que dans un environnement de flexibilité qui n’entrave pas la liberté entrepreneuriale par des réglementations nuisibles, surtout concernant le marché du travail. Il faut laisser libre cours à l’agilité, à l’initiative, à la créativité et à la coordination des acteurs économiques.

C’est ainsi que les problèmes seront identifiés aussitôt qu’ils surviennent, et qu’ils seront surmontés. Les détails des solutions efficaces ne peuvent être connus tant qu’une information entrepreneuriale n’est pas créée à cause de la coercition étatique. Il faut donc alléger la bureaucratie publique pour simplifier la vie des entrepreneurs afin qu’ils s’embarquent dans de nouveaux projets. La confiance est le meilleur vaccin contre le Covid.

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