Vivre avec le Covid

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De pandémique, le Covid-19 va probablement devenir endémique, comme l’est la tuberculose aujourd’hui. Une endémie est là pour durer. L’évolution du coronavirus impliquera un changement de mentalité des Mauriciens en ce sens qu’ils devront admettre que le Sars-CoV-2 est un phénomène qui n’est pas temporaire, mais qu’ils doivent vivre avec. C’est comme avec le changement climatique auquel nous devons nous adapter, à la différence que les morts du Covid ne sont pas hypothétiques, mais ici et maintenant.

Entre les marchands de peur et l’auto-satisfecit sur la gestion de l’épidémie, nous devons désormais considérer le Covid comme faisant partie de notre quotidien, et non comme une menace exceptionnelle. On peut déplorer l’attitude hédoniste qui a entraîné une recrudescence des cas de contamination mais, la nature humaine étant ce qu’elle est, les gens ont une envie naturelle de s’éclater après être sevrés de leur liberté de mouvement. Il s’agit d’aimer la vie plutôt que de craindre la mort ! Montaigne, qui a vécu la peste et les guerres de religion, nous apprend à ne pas sacrifier l’amour de la vie à la peur de la mort : «Ce dont j’ai le plus peur, c’est la peur», écrivait-il.

Reste que le Covid doit aussi nous inculquer la discipline et la retenue. Le durcissement des mesures sanitaires est une piqûre de rappel à cet effet. C’est bien mieux qu’un troisième confinement national, une politique suicidaire qui aurait cassé la dynamique de la relance économique. Les deux confinements, très coûteux en termes de pertes d’emplois et de revenus, n’ont pas fait disparaître l’épidémie. Sacrifier l’économie, c’est sacrifier la vie, et l’économie ne peut se passer de la liberté de circuler.

Évidemment, la transmission du virus doit être réduite au minimum afin d’éviter que le système de soins soit submergé. L’hôpital n’est pas le bon rempart contre une épidémie. C’est en amont de l’hôpital que se joue la mortalité de l’épidémie. Et ce n’est pas en ruinant le pays que nous sauverons nos hôpitaux !

À défaut de mettre entre parenthèses l’économie, la vaccination (à doses continues) est primordiale pour lutter contre la pandémie. Avec 98 % de sa population pleinement vaccinée, le Portugal démontre que la normalisation de la vie sociale (presque toutes les restrictions de santé publique levées) passe par un taux de vaccination très élevé. Le vaccin, quel qu’il soit, n’empêche pas la transmission, mais l’essentiel est qu’il diminue grandement les risques d’hospitalisation ou de décès.

À Maurice, selon AXYS Research, «the mortality rate for those jabbed with Sinopharm appears to stand at ~0.01%, i.e. 1 in 10,000, and that of Covaxin and Johnson & Johnson also appear to round-off to 0.01%. Based on these death statistics, the death rate among the unvaxxed is estimated at ~0.06% v/s ~0.007% among the vaxxed». Une façon démocratique, puisque la liberté de choix est sauve, de décourager les anti-vaccins, c’est de faire comme Singapour où, à partir du 8 décembre prochain, les patients Covid-19 qui ne sont pas vaccinés – sauf ceux qui ne sont pas éligibles à la vaccination – devront payer leurs factures d’hospitalisation. En outre, le gouvernement mauricien doit exclure du Wage Assistance Scheme les employés d’hôtel qui restent à la maison parce qu’ils sont des antivax…

À trop se focaliser sur les morts du Covid, on ne porte pas assez d’attention aux autres morts tels que ceux du cancer. Mais comme le Sida, la létalité du Covid choque au début et le sera ensuite de moins en moins. Certes, un décès est toujours de trop. Mais aucun pays ne pouvait s’attendre à peu de morts dans une telle pandémie.

Aucune politique digne d’être qualifiée de responsable ne saurait avoir comme objectif zéro cas de Covid. Même la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern reconnaît que «for this outbreak, it’s clear that long periods of heavy restrictions have not got us to zero cases. But that is OK». Nos dirigeants doivent aussi cesser de créer des attentes irréalistes au sein de la population.

Tous les ans, Maurice compte plus de 130 morts par accident de la route. Ce n’est pas une raison de fermer les rues. Pour y éviter des drames, on a plutôt pris des mesures (ceinture de sécurité, radar) que les conducteurs ont fini par accepter. Néanmoins, nous ne passons pas notre temps à penser à la sécurité routière même si les risques sont relativement élevés. Notre comportement vis-à-vis du Covid doit être pareil : la vaccination, le port du masque, la distanciation physique et la désinfection des mains sont appelés à devenir des actes banals.

Alors qu’on a annoncé, aux premières heures de la pandémie, la fin du capitalisme, on continue de donner raison à Marx que l’économie est fondamentale, qu’elle est «déterminante en dernière instance», disait Engels. Dans le monde, on est beaucoup plus nombreux à mourir de faim que de maladie ! Pour que notre économie ne manque pas d’oxygène, les Mauriciens doivent savoir vivre avec le Covid.

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