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«Espace, frontière de l’infini vers laquelle voyage notre vaisseau spatial…» Le regard rivé au petit écran, j’étais envoûté par les voyages spatiaux du capitaine Kirk de la série Star Trek et des aventures du capitaine Jean Bondyork dans Les cochons dans l’espace du Muppet show. Les yeux noyés de rêves, j’avais dit à mes parents : «Je serai astronaute.» 

Trente ans plus tard, j’étais non seulement toujours sur terre, mais ma course vers l’espace avait été une sombre déconfiture, comme disait ma Bonne Maman, et ce n’était pas faute d’avoir essayé. J’avais dû confondre la théorie quantique des champs avec la théorie cantique des chants, car je compris rapidement que ma voix de ténor ne me procurerait aucune bonne note en physique. Comme j’étais un électron libre ne tournant autour d’aucun noyau particulier, j’eus beaucoup de peine à m’accrocher au sujet. J’échouais donc lamentablement à mes examens et sombrais dans un trou noir particulièrement troublant. 

Néanmoins, ma passion pour l’espace demeurait intacte malgré mon incapacité à comprendre les subtilités de la création de l’univers. Heureusement, le ciel mit sur ma trajectoire un savant ami, qui m’offrit une explication que mon cerveau lent parvint aisément à saisir. Il paraîtrait que l’univers aurait démarré par un grand boum qui s’apparenterait à l’explosion d’un gros tempo répandant des milliards de grains de pois chiches aux quatre coins d’une cuisine sidérale (les denrées alimentaires étaient un thème qui me parlait). Cette analogie culinaire me permit d’appréhender plus facilement le mystère de l’espace dans lequel les soleils étaient des brûleurs autour desquels virevoltaient en orbite des gâteaux sphériques du genre ladoos formés par les pois chiches du grand boum, les gâteaux baignant dans une voie lactée et possiblement caillée. (Les ladoos peuvent être remplacés par des halwas à la semoule pour ceux qui n’aiment pas le poids chiche sans que cela n’affecte cette théorie hautement scientifique.) 

Mes connaissances gastronomiques avantagèrent mon instruction sur la conquête de l’espace. Je m’informais sur les missions Apollo avec une mine réjouie et revivais les exploits d’Armstrong qui, sans tambour, mais avec trompette, posa le pied sur notre vieille lune (un ladoo de petite taille). Je me suis ensuite attaqué à des sujets plus complexes comme «quel animal produit des gaz interstellaires» ou «comment détecter des pulsars avec le micro-ondes de la cuisine». 

La NASA ayant plus d’une fois refusé ma candidature, il me fallait trouver un autre moyen de visiter les étoiles. Selon Internet (qui ne ment jamais), il me fallait trouver Rs 19 394 424.19 pour pouvoir visiter l’espace durant 2 h 30 avec Virgin Galactic. Ce voyage coûtait la bagatelle de Rs 12 296.16, la minute ! À ce prix-là, je me demandais : «Finalement, est-ce bien moi qui vole ?» 

Il me restait une option moins onéreuse de me faire enlever par des extra-terrestres. Selon des sources fiables (Facebook), Elvis Presley et Michael Jackson auraient été kidnappés par des aliens et vivent toujours sur une planète lointaine. Il paraîtrait même que le président Ike Eisenhower aurait rencontré des émissaires extra-terrestres en 1954 sur une base américaine au Nouveau-Mexique. Ont-ils discuté du rapatriement de vedettes disparues ? Fort de ces vérités, je décidais de me rendre sur le Piton de la Rivière-Noire avec un panneau sur lequel j’avais écrit : «Êtres venus d’ailleurs, kidnappez-moi !» Durant des mois, je guettais les soucoupes volantes ralentir au-dessus de la montagne, puis redémarrer en trombe. Ma déception fut grande. Si vous pensiez qu’être ignoré par son gouvernement est dur, essayez un refus systématique par E.T ! J’allais être irrévocablement bloqué sur mon ladoo bleu ! Se sentir universellement rejeté vous amène à vous poser une question : «Dites-moi où ai-je fauté ?» Ce n’était pas comme si j’avais non-assisté à quelque désastre pour lequel on devrait mazouter sur une liste noire ! 

Le jour béni vint enfin : je rentrais chez moi à pied quand des êtres en habits de cosmonaute me sautèrent dessus et me firent entrer de force dans leur navette. Ils me firent asseoir sur une chaise, m’enfoncèrent un bâton dans le nez et confirmèrent que j’étais positif pour un transfert vers leur monde. 

Je n’avais pourtant jamais entendu parler des MOH de leur planète ENT.

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