PRB : exercice parfait en clientélisme électoral

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La publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) constitue un excellent service en clientélisme électoral. Pravind Kumar Jugnauth a donné le ton dès la parution du document et il compte exploiter ce coup politique de grande envergure pendant plusieurs mois. Il n’y a pas d’élections générales en vue mais il faudrait quand même garder la clientèle en état de mobilisation et atténuer l’effet des scandales publics.

Au gouvernement, on ne se soucie guère de la capacité de payer des arrérages et d’accorder de substantielles augmentations de salaire à quelque 85 000 employés de l’Etat. Du coup, la fracture entre ceux qui sont employés par le gouvernement et les corps paraétatiques et ceux gagnant leur vie dans le secteur privé devient encore plus apparente. Comme pour embellir le package dont vont bénéficier les 85 000 salariés du public, on brandit aussi des symboles forts comme voiture duty-free et passage benefits.

Compte tenu des largesses dont serait capable le gouvernement – grâce surtout à l’argent des contribuables dont une bonne partie sont employés dans le secteur privé –, il se produirait inévitablement un feel good factor dans la clientèle politique et électorale visée par le parti au pouvoir. On assiste ici à un calcul très cynique car, dirait-on, peu importe le mécontentement des employés du privé aussi longtemps que noubann sont, eux, bien servis.

Certains diront que le privé entend lui aussi gagner par le pouvoir d’achat accru des employés de l’Etat et aussi avec la vente de voitures duty-free. Mais il est plus qu’évident que nous avons maintenant exacerbé une situation de discrimination où la différence de traitement entre le public et le privé devient encore plus prononcée. Forcément, les firmes privées vont subir des pressions pour qu’elles procèdent à des ajustements pour réduire l’écart. Mais il n’existe aucune contrainte légale à cet effet. C’est seulement le paiement d’une compensation salariale qui reste obligatoire dans le privé.

Quoi qu’il en soit, le secteur privé ne dispose pas de moyens de ponction comme la Contribution sociale généralisée (CSG) ou d’endettement massif du gouvernement. Pour payer Rs 6,5 milliards dans la mise en vigueur des recommandations du PRB, le gouvernement n’aura qu’à débourser un tiers de ce qu’il a dépensé pour mettre en place des caméras de surveillance de Safe City dont certaines ne fonctionnent pas au moment crucial d’une enquête policière. Ce serait à peu près ce qu’on a dépensé pour l’éléphant blanc qu’est le stade de Côte-d’Or.

L’option ‘noubann’ est pour le moment bien lancée et c’est bien cela qui compte. Dans une situation d’élections générales, le PRB aura rempli à ras bord plus d’un katori. Mais les municipales ? Le MSM pourrait bien être tenté par cette aventure car l’opposition risque de rester désunie pour longtemps encore en attendant que l’autre PRB – Paul Raymond Bérenger celui-là – ne porte son choix sur un parti-locomotive et un éventuel Premier ministre. Face à une telle pagaille dans l’opposition, chaque siège remporté par le MSM dans les villes pourrait valoir son pesant d’or.

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