Gestion du tourisme

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Ce n’est pas la construction, mais un rebond du tourisme qui sera décisif à la reprise de l’économie mauricienne. Il n’y a pas de moment idéal, de risque zéro, pour la réouverture totale des frontières, et comme le dit le CEO de Business Mauritius, elle sera «bénéfique à tous les secteurs économiques». Et c’est bien avec le tourisme que prend tout son sens le slogan du premier budget de Padayachy, «Notre nouvelle normalité – L’économie de la vie». 

Certains craignent pour leur vie comme si les touristes représentaient une menace pour eux. Les risques de contagion sont pourtant minimes – pas moins élevés sans touriste – parce que les visiteurs, sachant que le coronavirus circule déjà entre les Mauriciens, respecteront les gestes barrières. Ce qui doit inquiéter, c’est que les étrangers sont susceptibles d’éviter Maurice à cause de la publicité négative sur l’état sanitaire du pays. Mais laisser fermer les frontières serait un mauvais signal qui accréditerait la thèse d’une situation incontrôlable. La vie d’une petite nation insulaire, tributaire du tourisme, n’est pas dans le repli sur soi, mais dans les échanges entre personnes, l’économie étant à base d’échanges. 

La campagne de vaccination est arrivée à un stade – plus de 80 % des adultes pleinement vaccinés – où le risque sanitaire paraît raisonnable par rapport au bénéfice économique de la réouverture du pays. Laquelle est une condition nécessaire mais insuffisante à la relance du tourisme. Attirer le maximum de touristes passe par la reconstitution de la confiance des voyageurs vis-àvis de la destination mauricienne : ils sont concernés par leur santé, par la probabilité d’annulation de leur projet de voyage, ou par le risque d’être bloqués dans le pays récepteur.

Le taux de vaccination de la population locale est donc un élément essentiel de toute stratégie touristique, et il peut même être un indicateur de l’envie de voyager. On trouvera toujours à redire de l’efficacité des vaccins, mais ils aident à endiguer la progression du virus (un autre facteur pris en compte par le voyageur) et, par conséquent, à l’amélioration de l’environnement économique. Ceux qui sont encore réfractaires à la vaccination doivent comprendre que plus la proportion de la population vaccinée est élevée, plus vite et plus haut le tourisme et l’économie rebondiront. 

Désormais, nouvelle normalité, la décision de voyager sera profondément personnelle, bien plus que professionnelle. Les gens évalueront le risque de tomber malade par rapport à la nécessité de voyager. Ils doivent se sentir en sécurité et à l’aise à l’idée de voyager. Il faut espérer que les protocoles sanitaires mis en place pour les voyageurs redonneront confiance dans les voyages. Pour cela, la communication des autorités sur ces protocoles doit être cohérente, dissipant toute confusion sur les mesures sanitaires actuellement en vigueur.

Tout aussi essentielle est la coordination entre les agences publiques elles-mêmes (celles qui sont responsables du tourisme, de la santé et du transport), et entre le gouvernement et les opérateurs privés, petits, moyens et grands. Il faut des structures de coordination moins complexes qui rendent les enjeux clairs et compréhensibles, ainsi qu’un cadre de collaboration qui convient à toutes les parties prenantes du tourisme, notamment par rapport aux budgets de marketing, aux activités de promotion et aux calendriers d’événements. La numérisation est un atout pour le secteur, si bien que le gouvernement peut soutenir la formation des commerciaux en analyse de données. 

Il convient surtout de vendre nos produits touristiques aux segments appropriés des marchés émetteurs et au bon moment. Comme la pandémie décourage les longs trajets, il est logique de cibler les jeunes voyageurs, audacieux et moins réticents au risque, davantage que les retraités même si ceux-ci dépensent plus. Ceux-là valorisent leur temps certes, mais dans cette nouvelle ère du travail à distance, et avec la possibilité d’avoir des permis de séjour de longue durée, ils apporteront leurs bureaux virtuels. Les jeunes ont aussi une conscience écologique, d’où l’opportunité pour les hôtels d’améliorer l’efficacité avec laquelle ils utilisent l’énergie et l’eau et gèrent les déchets.

Le tourisme a le profil d’une industrie de capacité, ce qui implique des frais fixes importants que seul le chiffre d’affaires, donc la fréquentation, permet d’absorber. Or la surcapacité sera la nouvelle normalité dans le moyen terme, puisque les arrivées touristiques prendront au moins trois ans pour retrouver le niveau de 2019. Et encore que les visiteurs soient plus tentés par les stations balnéaires, peu peuplées, que par les hôtels urbains. Ainsi, recommande le cabinet McKinsey, «instead of having all hotels operating at 20 to 40 percent occupancy, a subset of hotels could operate at a higher occupancy rate and share the revenue with the remainder». 

C’est l’occasion de se repenser pour mieux gérer le tourisme.

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