Le MTC décapité

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209 ans d’histoire sur le point d’être gommés. Le MTC paie le prix fort, sa résistance et son combat contre son indépendance menacée depuis de nombreuses années. Les courses de chevaux, qui sont devenues une industrie importante avec un «turnover» annuel de plusieurs milliards de roupies, étaient un de ces secteurs importants qui échappaient de la mainmise de l’État, puisqu’elles étaient gérées par un club privé, de surcroît seul organisme reconnu comme organisateur de courses par les autorités internationales hippiques, étant membre de la FIAH depuis 1994.

Malgré de nombreuses tentatives dans le passé de lui arracher l’organisation des courses, comme en 1999 avec la publication d’un White Paper, le MTC tenait bon contre vents et marées même si, dans un document publié la même année, il ne mettait pas «en doute la volonté de l’État d’assurer plus d’efficience et de transparence dans l’organisation du sport hippique à Maurice». Mais il n’avait pas peur, non plus, de dire «NON» à une «Turf Authority lourde et interventionniste», soutenu dans son combat par la FIAH. À cette époque, le gouvernement avait fait circuler un projet de loi, proposant la mise sur pied d’une Turf Authority qui allait disposer de vastes pouvoirs décisionnels au détriment du MTC. Un projet de loi rejeté par le MTC «tel qu’il avait été conçu, ni dans son esprit, ni dans le détail de son texte». Face à la levée de boucliers généralisée dans le monde hippique, le gouvernement d’alors n’y avait pas donné suite.

Mais, ce que propose le gouvernement aujourd’hui est loin d’être une HRD «interventionniste», mais plutôt une entité pour remplacer le MTC, qui serait éventuellement réduit à néant, sauf pour l’entretien de la piste et des gradins ! Le régime en place étendait déjà ses tentacules au Champ de Mars depuis 2014 à travers des amendements à la GRA Act, qui affaiblissait d’année en année le MTC ; mais ceux prévus dans le Finance Bill 2021, n’ont qu’un objectif : faire disparaitre le MTC de la carte hippique avec l’entrée en piste de la HRD, qui disposerait de TOUS les pouvoirs décisionnels sur l’organisation des courses. Longtemps indomptable comme en 1999, le MTC, à bien y voir, a eu tort ces dernières années de se murer dans le silence alors que la GRA commençait à le dépouiller de ses pouvoirs.

Désormais ce n’est plus un contrôle qu’exercera l’État sur les courses de chevaux. La GRA, à travers la HRD, prendra carrément la responsabilité de toute l’organisation, car elle sera, selon les amendements prévus à la GRA Act «responsible for horse race planning, including the preparation and publication of the horse race calendar, fixtures lists, nominations and race cards», sans compter la composition du board des commissaires et la nomination de tous les «racing officials.»

Qui aurait cru qu’un jour, les chevaux ne courront plus pour le MTC, mais plutôt pour la GRA ?

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