Budget 2021-2022: Ma Mesure-Phare

Avec le soutien de

Dans le cadre du prochain Budget 2021-2022, nous donnons la parole aux collaborateurs attitrés et partenaires privilégiés de la rédaction afin qu’ils ou elles se glissent dans la peau du ministre des Finances pour nous formuler une mesure phare. Au-delà des généralités ressassées dans les papiers (dette publique, déficit budgétaire, relance économique, etc.), nous voulons, cette fois-ci, miser sur l’originalité et focaliser sur LA mesure qu’ils auraient prise dans pareille conjoncture économique.

Huit pistes pour équilibrer le Budget

L’économie étant à genoux, il nous faut impérativement réduire les dépenses publiques afin de contenir le déficit budgétaire et la dette publique, qui sont à des niveaux record. Outre la série de mesures phares, audacieuses et innovantes, provenant des citoyens engagés et éclairés pour repenser le modèle économique, mesures qui sont publiées au jour le jour, nous proposons aujourd’hui huit principales coupes budgétaires afin que le gouvernement réajuste son train de vie princier et dépensier par rapport à la crise économique sans précédent que nous traversons.

1) Réduire de moitié le nombre de ministres et diminuer drastiquement le nombre de conseillers dans les ministères. Les finances du pays ne peuvent plus nourrir ceux qui ne font pas grand-chose mais qui coûtent néanmoins cher, par exemple le vice-président de la République. Il faudrait aussi troquer les limousines des ministres qui carburent aux énergies fossiles contre de petites voitures hybrides, respectueuses du changement climatique et de son impact sur un petit État insulaire comme Maurice.

2) Éliminer tous les organismes parapublics où l’on case des candidats battus ou petits mignons/ petites copines du régime au pouvoir. Les Chairpersons et les directeurs doivent rendre leur voiture de fonction et arrêter de téter les mamelles du pouvoir. On a suffisamment de fonctionnaires, qui sont d’ailleurs plus compétents que les apparatchiks des partis, pour faire le boulot.

3) En finir avec les grasses pensions à vie des anciens présidents, vice-présidents, PM, ministres, députés. Il y en a qui touchent concomitamment une pension de vieillesse avec leurs pensions diverses. Il faut cibler systématiquement et ne plus octroyer des pensions universelles, surtout à nos millionnaires et milliardaires.

4) Couper tous les «fees» des hauts fonctionnaires ou «advisors» qui vont chauffer les boards des compagnies étatiques et paraétatiques. Certains protégés du système siègent sur plus de neuf conseils d’administration tout en cumulant leurs responsabilités au sein de leur ministère respectif. Comment font-ils pour être partout à la fois ?!

5) Intégrer les doublons genre MBC et Government Information Service ou IBA et ICTA afin de réduire le personnel pléthorique et les dépenses salariales et «fringe benefits».

6) Stopper les subventions aux socioculturels. Ces regroupements ethniques empêchent l’émergence du mauricianisme et bouffent l’argent de tous les contribuables, y compris ceux qui ne se sentent pas concernés par les associations socioculturelles.

7) Introduire la taxe rurale afin que villes et villages soient sur un pied d’égalité fiscale. Cette mesure, qui remettra la NRPT au goût du jour, fera rentrer des sous dans les caisses vides du gouvernement, même si elle risque de froisser la «hindu belt». Tant pis, les élections villageoises sont derrière nous, alors que les municipales sont devant !

8) Continuer à échanger via Zoom, WhatsApp et Skype et renoncer aux voyages officiels, qui sont coûteux. Depuis le premier lockdown, c’est un fait : toutes les réunions ou conférences peuvent être suivies à distance. On ne risque pas de choper un variant. Mais on économisera énormément en billets d’avion et surtout en PER DIEM !

Nad Sivaramen




PHILIPPE HEIN, Ancien économiste à l’ONU

Ouvrir les liaisons aériennes pour passagers dès que possible.

Détails

C’est une condition sine qua non d’un relèvement financier et économique et du maintien des acquis sociaux. Sans cette reprise, aucun ministre des Finances ne peut présenter un Budget qui tient la route. Encourager le maximum de lignes aériennes à desservir le pays. Faciliter les formalités d’accueil des passagers à l’arrivée en ligne avec la pratique des principaux pays concurrents dépendant des échanges internationaux, et à vocation touristique.

Objectifs visés

Enrayer la chute de la roupie (plus de 20 % en un an), le renchérissement des produits, et l’appauvrissement de la population. La rentrée de devises nécessaire à ces objectifs ne pourra être obtenue sans la reprise des liaisons aériennes. Il y va non seulement de la survie des activités liées au tourisme, mais de la contribution des expatriés résidents – dont beaucoup ont déjà quitté le pays – à tous les secteurs, et la venue des investisseurs étrangers, qui ont pratiquement disparu.




Megh Pillay, ancien directeur de la STC et ex-CEO d’Air Mauritius, observateur.

Ma mesure phare

Réformer la gouvernance financière.

 Détail

Année après année, les rapports du directeur de l’Audit révèlent une faiblesse chronique dans la supervision budgétaire et un manque de redevabilité de chaque pouvoir exécutif, surtout quand il se sent puissant. Il est donc impératif de responsabiliser le pouvoir en le poussant à mieux saisir les véritables priorités avant d’y engager des fonds, à les dépenser avec efficacité et à rendre des comptes. C’est dans l’intérêt de ce même pouvoir de mieux répondre à l’attente réelle de la population.

 Objectifs visés

Que tous ceux investis de pouvoir et de mandat d’intendance dans la gestion des biens ne leur appartenant pas soient tenus par des obligations de transparence dans la décharge de leurs fonctions. L’obligation de redevabilité dans la gestion publique s’exerce à travers le Parlement, les institutions de contrôle financières, la société civile et les médias. Il est crucial à l’exercice que le pouvoir fournisse toutes les informations nécessaires et se prête au dialogue.

- La réforme de la gouvernance financière ne peut venir que du ministre des Finances. Sans cela, le ministre risque très gros. Tous ses efforts et les ressources qu’il compte mobiliser pour relancer l’économie seront qu’un feu de paille qui fera plus de mal que de bien à terme.

- Même s’il est vrai que les agents sont déjà rémunérés et ne méritent pas de bonus, il faudrait qu’on leur impose non pas une obligation de moyens, mais une obligation de résultats. Un observatoire de gouvernance indépendant et apolitique peut l’aider dans la réalisation du projet qu’il présentera. II doit y inclure tous les acteurs ci-mentionnés comme faisant partie de notre écosystème



Jean Claude de l’Estrac.

Mesure-phare

Un choix de civilisation

Détails

Prendre le tournant de l’Écologie me semble à la fois un impératif de société et un raisonnement économique.

Le nouvel environnement international et les disruptions locales nous invitent à ce changement de paradigme.

Objectifs : Je vois quatre champs d’intervention réalistes et réalisables :

1. D’abord mobiliser enfin toutes les ressources naturelles que nous possédons pour accorder la priorité absolue à la production de l’énergie renouvelable. Qui a dit que de ce point de vue, Maurice est une terre bénie des dieux, puisqu’elle peut exploiter à la fois les ressources du soleil, du vent, de l’hydrologie, du biogaz, de la géothermie. C’est un immense gâchis que de ne pas utiliser ce potentiel et continuer à salir durablement – c’est le paradoxe – notre environnement avec les produits fossiles et le charbon importés ;

2. Dans le même esprit de protection de notre environnement, mettre en place un plan national de gestion des déchets dans le cadre d’une économie circulaire. Des milliers de tonnes de déchets dangereux sont produits à Maurice chaque année et participent à la pollution de notre environnement. Il faut revisiter le projet «waste to energy», d’autant plus que le centre d’enfouissement est arrivé à saturation ;

3. Repositionner le tourisme mauricien comme une destination écologique en faisant des hôtels la vitrine de l’Écologie mauricienne : respect de la nature, l’utilisation des énergies propres, traitements des eaux usées et des déchets, sécurité alimentaire, lutte contre le gaspillage, valorisation de la culture locale, etc.

4. Réformer l’administration régionale en adoptant une stratégie de dévolution. Nos régions – villes et villages – sont sales et laides parce qu’elles sont dépourvues de moyens et de liberté d’action. Il faut municipaliser l’île entière, introduire une taxe d’habitation nationale dont les revenus seront alloués aux administrations régionales.

Tout est un tout !




PASCAL TSIN, entrepreneur, innovateur et patron de Super U

Ma mesure phare

Inciter chacun à revoir ses priorités. 

Détail

Tout découle de la stratégie. Si on ne sait pas où l’on va, on risque de s’égarer en cours de route. Aujourd’hui plus que jamais, Covid-19 et conjoncture économique obligent, nous sommes tous condamnés à redéfinir nos priorités, quitte à chambouler notre «comfort zone» et notre «way of life». L’enjeu sera de lutter pour notre survie, et celle de la planète, tout en maintenant la stabilité sociale au sein d’un environnement économique de plus en plus fragilisé, à Maurice comme ailleurs dans le monde. Si on n’a pas la volonté de gagner cette bataille, les jours à venir pourraient être encore plus difficiles.

 Objectifs visés

La solidarité et le sens du devoir doivent guider nos actions. Il faut que tout un chacun réalise que les jours meilleurs sont, hélas, derrière nous, et que la vie devra être vécue différemment – pas nécessairement en mieux –, pour beaucoup. Je ferai ma part et j’engagerai Super U et nos équipes dans cette voie de solidarité et du devoir. On va bâtir des ponts et soutenir les autorités et les ONG pour un développement durable. 


REBECCA ESPITALIER-NOEL, Managing Director, FoodWise Mauritius

Ma mesure phare

Réduire le gaspillage alimentaire et créer une nouvelle économie grâce au changement des dates de péremption

Détail

Séparer la Best Before Date du Expiry Date dans les règlements du Food Act, voici la mesure proposée par FoodWise et Business Mauritius. A ce jour à Maurice, aucun produit alimentaire ne peut être vendu ou donné s’il a passé son Best Before Date alors que cela indique simplement que les nutriments, arômes et fraîcheur de l’aliment peuvent avoir diminué mais le produit est toujours consommable. En moyenne, cet ajustement légal réduirait de 10% le gaspillage alimentaire au niveau national ce qui aurait un impact positif sur l’environnement car le gaspillage alimentaire est la première source de déchets à Maurice et est le deuxième plus gros contributeur de gaz à effet de serre dans le monde après le domaine du transport. Si l’impact environnemental sera important, c’est l’impact économique sur lequel nous voulons mettre l’accent aujourd’hui. Permettre de revendre des produits qui ont dépassé leur Best Before Date comme le fait le Royaume-Uni, la France, le Canada, l’Australie ou encore l’Inde, serait un soulagement énorme non seulement pour les entreprises alimentaires mais aussi pour les consommateurs qui pourront avoir accès à des produits à prix réduits.

Objectifs visés

Une nouvelle économie, qui s’appelle l’économie sociale et solidaire (ESS), en France, qui contribue à 10% du Produit intérieur brut dans ce pays, pourrait alors se créer à Maurice grâce notamment à travers la mise en place de supermarchés solidaires.



Simon APPADU, Innovation and Business Development.

Ma mesure phare

Étant donné que notre seule ressource naturelle est notre ressource humaine, ma mesure phare sera de revoir notre système d’éducation complètement, en y intégrant l’innovation depuis notre plus jeune âge. Depuis l’avènement du Covid-19 et la menace de la Chine, une nouvelle économie s’impose mondialement, composée de relocalisations et de circuits courts.

Détail

Les études n’ont plus autant d’intérêt aujourd’hui qu’auparavant. Les longues années de formations supérieures appartiennent à un vieux modèle. Aujourd’hui, il faut faire de l’expérience pratique : chacun doit développer un arbre de connaissances et non plus une spécialisation précise. Ce sont les profils originaux, les parcours atypiques qui font la différence, non plus les diplômes et le nom des écoles. Dans cette voie, les cours en ligne, les «Massive Open Online Courses», ont considérablement élargi le champ des possibilités.

L’avenir se dessine dans ce qu’on appelle l’économie fractale. Fractal se dit d’un objet géométrique qui présente une structure similaire à toutes les échelles et est infiniment morcelé. Une «économie fractale» qui sera composée de relocalisations et de circuits courts. Ce terme est emprunté aux mathématiques pour désigner la future révolution économique qui succédera à l’époque du tout numérique.

Ce changement vient de s’amorcer et s’accentuera au cours des 20 prochaines années. De l’agriculture aux services ou à l’industrie, tous les secteurs seront concernés. Nous avons tout d’abord connu l’industrialisation verticale, basée sur le principe de la sous-traitance. Ensuite, nous avons vécu le modèle digital, plus horizontal, qui a amené la vente via des plateformes, à l’instar des géants «Amazon» ou «Alibaba». Ce modèle va à présent évoluer en fractal. C’est un concept mathématique qui, à l’instar des poupées russes, désigne une chose identique, mais à plusieurs échelles, de différentes tailles. C’est par exemple le cas des mesures sanitaires, qui sont appliquées aussi bien à l’échelle individuelle qu’au niveau de la famille, du travail, de la région ou du pays.

L’économie fractale est composée de trois aspects clés. Premièrement, l’application au niveau local de technologies développées globalement. C’est l’exemple de l’imprimante 3D, dont les applications permettent de créer à petite échelle des technologies poussées. Deuxièmement, la chaîne de valeur sera plus courte. Beaucoup d’objets que l’on achète aujourd’hui sont produits, puis assemblés dans une dizaine de pays différents, mais à l’avenir une bonne partie de cette production sera relocalisée. Enfin, l’économie fractale comporte la notion d’économie circulaire et de recyclage. L’idée générale sera de produire localement en plus petites séries. Le modèle économique du «glocal» va remplacer l’ère du digital.

Objectifs visés

Donc, c’est de notre devoir de commencer à préparer nos jeunes pour s’adapter à l’industrie 4.0, c’est-à-dire que ce sont les nouvelles machines autonomes qui vont permettre cette relocalisation. Ce ne sera pas plus cher puisqu’il y aura moins de main-d’œuvre, les usines seront automatisées, et qui ne compte qu’une poignée de techniciens. Quel que soit le secteur, le concept ou le produit sera développé globalement mais créé dans de petites usines locales. D’ici à quelques années, on pourrait par exemple imaginer l’industrie de l’automobile ou électroménagers installent des micro-usines à travers le monde qui produiront peu de voitures chacune. C’est une inversion de tendance économique violente, mais qui se pérennisera parce que la consommation a complètement évolué en faveur de la durabilité et des circuits courts.




Jyoti Jeetun, Group Chief Executive Officer, Mont Choisy.

My flagship measure 

Building our Future Together – Mauritius 2030

Detail 

The current crisis is an opportunity to rethink our economic and social model by putting in place a National Economic Recovery Programme (similar to what was done after World War II). Engage with key stakeholders (private and public sectors, academia, civil society and the diaspora), establish a plan for Mauritius 2030 and a framework for its implementation. The focus is:

– Managing the pandemic and the lessons learnt, what we did well and what we can do better. 
(i) How do we navigate during the next couple of years when there will be a race between getting the world vaccinated and new variants emerging. 
(ii) The next pandemic may be just round the corner and let it not catch us unprepared again. 

– Post-Covid economic recovery. Have a clear strategy on dealing with our high public debt level. Should we be worried about inflation? Should we be worried about the depreciation of the rupee and its impact on people’s purchasing power, the social impact of putting more people below the poverty line? 

– What are the emerging sectors that will drive future growth? Is this technology (AI/Big Data/ Fintech) and, if yes, what is needed to boost these emerging sectors? 

– Is our education system fit for purpose? Do we need to move away from academic to vocational streams? 

– How about our agricultural strategy? What is the future of sugar cane production? Is self-sufficiency feasible in a small island economy like Mauritius? 

– Hospitality, travel and tourism – How can our industry survive in the short/medium term given vaccination rate and new variants? Longer term, will there be a shift in the tourism model globally in terms of consumer behaviour and are we ready for this change? 

– Real estate development, the biggest FDI driver over the last decade. Is Mauritius still the dream destination to live, work and play for the high-net worth individuals? How has the luxury residences market evolved in a post-Covid world? How do we keep the destination still attractive? How do we deal with the social dimension of the changing demography?

Targets 

Maintain and enhance the competitiveness and attractiveness of our economy with the aim to bring prosperity and social harmony.



Michael King Fat, avocat

Ma Mesure-Phare

Faciliter la reconstruction économique et sociale de Maurice : «Back to Basics!»

Détails

Notre génération a été témoin d’une «sophistication citoyenne» et d’un développement effréné d’un monde qui, malgré la crise de 2008, n’a jamais ralenti – et Maurice, ainsi que ses citoyens, ont suivi le rythme, tant bien que mal. Je pense qu’aujourd’hui, les effets combinés du Covid-19 pourraient, enfin, trois décennies plus tard, plébisciter John Major, malgré nous et malgré lui, pour la campagne qu’il avait prônée à Blackpool, et ce, sur un plan planétaire. Au début des années 90, Major, alors Premier ministre britannique et chef de file du parti conservateur, avait lancé la campagne «Back to Basics», afin de promouvoir les valeurs traditionnelles qui commençaient à faire cruellement défaut au sein de la société anglaise.

Objectifs visés

• Si cette crise sanitaire et ses deux vagues successives nous permettent de nous relever avec une configuration politique et/ou démographique qui n’aurai(en)t pas été grandement perturbée(s) (sur le plan local), la reconstruction économique et sociale de l’île Maurice ne pourrait être réussie que si on arrive à se réinventer, et marquer une vraie rupture avec des réflexes qui ont trop longtemps gangrené notre République ; soit, cette mentalité grandissante – de beaucoup – d’assistés et, trop souvent, sectaires. Notre pays pourrait finalement – enfin ! – trouver cette maturité qu’il peine toujours à avoir, nonobstant son vieillissement.

• Tout un chacun aurait alors cette faculté de pouvoir se tenir debout sur ses pieds, et commencer à penser et à vivre comme une vraie nation et de vrais citoyens mauriciens – sans cliché – et où primeraient la solidarité et l’entraide entre nous tous, au sein d’un monde qui, lui-même, peinerait à se reconstruire et sur lequel on ne pourrait plus trop compter.



Gaelle Bernard, Activiste sociale, Collectif urgence toxida.

Ma mesure phare

Augmenter le financement des ONG pour assurer une meilleure prise en charge des bénéficiaires et reconnaître les ONG qui œuvrent dans le domaine de la santé comme services essentiels.

Détail

La pandémie et les périodes de confinement ont démontré les manquements du système de santé notamment pour les ONG qui œuvrent dans le domaine de la santé. Les remontées des travailleurs de terrain et l’augmentation de la drogue sur le marché prouvent que les organisations qui prennent en charge les addictions et les maladies, telles que le VIH, l’hépatite C et la syphilis doivent être reconnues comme services essentiels. La prise en charge des bénéficiaires relève du domaine de la santé, un budget plus conséquent doit être octroyé aux ONG pour leur permettre de remédier aux manques et résoudre les problèmes qui surviennent en temps de crise. De plus, comme les compagnies sont aussi affectées financièrement par cette crise, leurs profits diminuent, ce qui à terme peut mener à des complications au financement des organisations et impacter la prise en charge des bénéficiaires.

Objectifs visés

Assurer un service essentiel aux bénéficiaires en temps de crise et permettre la survie des ONG qui se retrouvent en situation difficile à cause de l’impact financier de cette crise ;

– Permettre une amélioration des services de santé pour les bénéficiaires des programmes des ONG en période de confinement ;

– Favoriser une société plus inclusive et une prise en charge égale pour chaque personne malade.



Pascal Lagesse, artiste Mauricien.

Ma Mesure-Phare

Mauriciens, Mauriciennes, aux toilettes !

Détail 

Mon projet serait à propos d’un sujet dont on parle peu ; nos excréments ! En une année, en moyenne, un humain produit 145 kg d’excréments (1). C’est une matière première sans cesse renouvelable. Selon l’université Ben-Gurion (2), les excréments humains pourraient être convertis en fuel et en fertilisants. Dans cette étude, les excréments sont déshydratés et convertis en combustibles nommés hydrochar. Un substitut pour le charbon. 

Les excréments humains peuvent aussi être changés en biofuel. La ville de Grand Junction (3), dans le Colorado produit du biométhane à partir des excréments humains et leur centre de traitement des eaux traite huit millions de galons de déchets humains et produit du biogaz qui est ensuite utilisé pour produire de l’électricité et du fuel pour véhicules. 

Au niveau de la production de fertilisants, l’IWMI (International Water Management Institute) au Sri Lanka a créé un projet pour la production de fertilisant en granulés qui peuvent être utilisés pour l’agriculture locale.

Objectifs visés 

À Maurice, les déchets humains pourraient être collectés à travers le système de tout-à-l’égout et des centrales pourraient transformer ces déchets en énergie. Cela pourrait aussi être fait sur des bases régionales où les déchets humains serviraient à produire de l’électricité pour éclairer des villages par exemple. 

Pour conclure, nous pourrions désormais aller aux toilettes avec la satisfaction, bien légitime, du devoir accompli ! (1) https://sciencepost.fr/quelle-quantite-dexcrements-produirez-vous-durant-toute-votre-vie/ 
(2) https://eandt.theiet.org/content/articles/2018/11/human-poo-converted-into-reusable-fuel-and-fertiliser-in-new-study/ 
(3) https://www.theguardian.com/environment/2016/jan/16/colorado-grand-junction-persigo-wastewater-treatment-plant-human-waste-renewable-energy 
(4) https://wle.cgiar.org/news/human-waste-reuse-could-benefit-farmers-and-improve-public-health-south-asia



René Leclézio, CEO at Promotion and Development Ltd.

Ma mesure phare

L’ouverture du pays à l’immigration pour augmenter la population de 2 % par an, comme a fait Lee Kwan Yew à Singapour tous les ans pendant plus de 40 ans.

Détail

Les immigrants seraient de tous les bords - depuis ouvriers à richissimes individus, en passant par des professionnels dans des domaines sous-exploités, tel que la gestion de fortune, la technologie, la médecine spécialisée et la restauration.

 Objectifs visés

Après 20 ans, la population de Maurice passera d’1,3 million à 2 millions. Sans cette croissance soutenue, les infrastructures liées aux 10 Smart Cities n’auront pas la masse critique pour les justifier, et Maurice restera dans une «middle income trap».



Adi Teelock, Citoyenne engagée et activiste environnementale.

Ma mesure phare

Le PIB comme mesure de développement sera remplacé par l’indicateur de progrès véritable (IPV) – (Genuine Progress Indicator (GPI) en anglais).

Détail

La pandémie de Covid-19 qui a quasiment paralysé certains secteurs d’activité, tout comme la crise climatique qui affecte déjà sérieusement les îles de la République, est le résultat d’une économie extractiviste et productiviste liée à la recherche effrénée de croissance économique mesurée uniquement par la croissance du PIB.

Objectifs visés

En même temps, le confinement a mis en lumière le volontariat, les soins Covid-19 non rémunérées, les tâches familiales et autres activités productives qui ne sont pas touchées par le budget jusqu’ici – telle celle de l’économie de subsistance des femmes glaneuses de produits de la mer de la côte sud-est. Or, nous avons été obligés de constater à quel point ces activités sont essentielles au maintien de l’existence.

Il nous faut donc changer de paradigme, et intégrer la nature et le sociétal dans nos décisions de développement. Aussi, dans l’esprit visionnaire qui caractérise ce gouvernement, le pays utilisera désormais l’IPV comme indicateur de développement afin d’apporter progrès, bienêtre et prospérité pour tous.

Contrairement au PIB, l’IPV prend en compte l’impact environnemental et le coût social de la production économique et de la consommation afin d’évaluer le bénéfice net sur le bien-être de l’ensemble de la population. Il peut être comparé à la compatibilité d’une entreprise, qui mesure le profit net en déduisant les coûts des profits bruts. Le «System of Environmental-Economic Accounting – Ecosystem Accounting» récemment établi par les Nations unies est l’un des outils qui permettra d’établir l’IPV.



Dr Khalil Elahee, Professeur associé à l’université de Maurice.

Ma mesure phare

Autonomie énergétique pour Agalega

Détail

De toute notre République, Agalega reçoit le taux le plus élevé d’irradiation solaire, soit 5,8 kWh/m2 . Il faut y ajouter un potentiel d’énergies propres à partir du vent, de la mer et des cocotiers. Cette culture procure de la biomasse mais aussi du biodiesel à partir de l’huile de coco. C’est aussi une plantation qui est vitale contre l’érosion côtière.

Avec une gestion intégrée des déchets, y compris les résidus agricoles, une production de biogaz est possible. Pour une autosuffisance alimentaire qui est tout aussi essentielle, l’opportunité existe de créer des petites fermes bio agri-solaires dans le contexte d’une économie circulaire impliquant les Agaléens.

Ces énergies assureront la provision, le traitement et le pompage d’eau, en partie avec des unités de dessalement écologique. Le stockage de produits provenant d’une pêche durable est aussi réalisable avec de l’énergie verte. Toutefois, il faut prendre en compte la «carrying capacity» des écosystèmes terrestres et marins d’Agalega, particulièrement avec la vulnérabilité liée au changement climatique. Avec une superficie de 27 km2 , les activités qui y sont pratiquées, même lorsqu’il s’agit de l’écotourisme, ne peuvent être sans aucun contrôle.

Objectifs visés

  • Installation d’un «smart micro-grid» durable avec 200 producteurs/consommateurs
  • Établissement de 20 fermes coopératives agri-solaires
  • Éducation, formation et engagement des Agaléens dans la gestion d’énergie
  • Culture de cocotiers pour une bio-industrie du coco, y compris pour les besoins énergétiques
  • Mobilité terrestre et marine durable, utilisant lorsque nécessaire uniquement du biodiesel (huile de coco/algues), des véhicules électriques ou de l’hydrogène vert à partir de l’électrolyse solaire
  • Résilience locale face au Covid-19 dans la poursuite des Objectifs du Millénaire liés au développement durable : atteindre 100 % d’énergies propres.


Gérard Chasteau de Balyon, Chief Executive Officer Kiscol Sugar Estate Kwale District Republic of Kenya

Ma mesure phare

Voter un budget pour l’établissement d’une enquête responsable d’établir un état des lieux de la pauvreté à Maurice.

Détail

Cette mesure, ajoutée au recensement des poches de pauvreté et du nombre de familles vivant dans cet état sous-humain, devrait aussi déboucher sur un état des lieux des bidonvilles. Voter dans la foulée un budget symbolique de Re 1 avec la promesse de chiffrer après l’étude les montants précis requis pour pallier ce mal.

Il est temps que le pays en fasse plus pour éradiquer la grande pauvreté. Les promesses de dons se feraient à travers une grande émission télé du type Téléthon ouverte tant aux citoyens qu’aux entreprises du secteur privé et public.

Objectif

Une fois l’enquête définie, des propositions chiffrées visant à faire sortir ces familles de cet état sur une période de 5 ans.

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