Que nous reste-t-il?

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Avant on pouvait dire je pars, je coupe, je m’évade… s’enfuir de notre quotidien, vivre l’ailleurs, la solitude voulue, la découverte d’autres peuples, d’autres cultures, l’aventure.

Aujourd’hui, le seul moyen de couper, c’est d’éteindre Internet, de se replier chez soi, sur son potager, son intimité… mais tellement conditionné par cet enfermement. Heureusement qu’il reste les livres, les romans, l’évasion par procuration. Livres que les enfants d’aujourd’hui auront plus de mal à comprendre, à découvrir, faute d’enseignants qui leur en donnent le goût par leur présence physique, par leur charisme, bloqués qu’ils sont derrière leurs sessions Zoom. Il reste les parents pour cela, mais pas tous qui le peuvent, qui ont une bibliothèque à la maison. L’art aussi est une évasion possible, mais là encore, il faut des guides, des découvertes des sens, pas juste derrière un écran… et quand bien même, qui saura où fouiller dans ce maelstrom qu’est le web pour tomber sur ce qui nous fait vibrer ? Au-delà des algorithmes paramétrés, qui ne font que nous conforter dans ce que nous pensons déjà ?

Que nous reste-t-il ? Les réseaux sociaux anxiogènes, l’impossibilité de voir ceux qu’on aime si l’on ne vit pas dans le même pays et de retrouver la sécurité d’un foyer, entouré de proches, le stress de gérer éducation des enfants et télétravail, la contrainte des congés parce qu’on se sent coupable de décompresser alors que tout le monde bosse et que certains risquent même de perdre leur emploi parce que la situation économique est difficile, alors on doit se sentir heureux d’avoir un job, l’incertitude face à l’avenir, dont nous ne sommes plus maîtres, dépendants de gouvernements pris d’une psychose collective ou pire d’une furie décisionnaire sous couvert sanitaire ? On voit bien que nos enfants grandissent dans un univers absurde, avec masques pour aller consommer dans des commerces mais sans tuba pour nager dans la mer, où pique-niquer dans la nature devient un délit alors que se côtoyer dans l’espace fermé d’un magasin est autorisé.

Le monde est vaste mais il n’y a nulle part où se sauver. Nul pays où l’on ne fait pas le décompte des «cas» positifs de Covid-19, des gens qui pour la plupart ne sont pas malades ou guériront et qui dans l’imagerie populaire sont en fait des morts. Nul endroit où l’on ne se sente pas coupable de ne pas s’être fait vacciner pour exactement les mêmes raisons qu’on ne se fait pas vacciner contre la grippe et qu’on pense que c’est à chacun de décider, en fonction du fameux calcul bénéfice-risque qu’il encourt. Un monde où la santé n’est pas devenue un moyen de se faire de l’argent pour certains. Existe-t-il encore un monde où l’on ne soit ni complotiste ni suiveur ? Un monde balancé, équilibré, avec le sens des priorités, où l’on sait qu’il y a des maladies que l’homme en a attrapées, en attrape et en attrapera et qui ne sont pas que le Covid-19, parce que les virus, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

Nous ne pouvons nous évader nulle part. Nous sommes confinés dans le monde entier. Pas juste quand nos dirigeants décident d’un confinement face à la hausse des cas. Nous sommes confinés à vie, partout, sans possibilité d’évasion. Le monde est une prison avec des cellules à l’échelle de pays. Le coronavirus est le cadenas de nos geôles. Le vaccin n’est que la lucarne, qui nous permet de voir un bout de ciel du fin fond de notre gouffre.

Où s’évader quand la nature est interdite, quand la liberté n’est plus que dans nos pensées ? Dans les livres, encore et encore… et dans nos têtes… jusqu’à ce qu’elles explosent et répandent nos débris de cervelle sur lesquels, on l’espère, germeront des graines, qui échapperont au réchauffement climatique et pourront dire : nous sommes enfants de cette Terre, nous allons la chérir et la respecter, nous n’allons pas la changer, mais nous changer nous en nous intégrant au grand Tout. Chaque vie compte. Chaque mort est grave, qu’elle soit du Covid-19, de la faim, de la guerre, qu’elle soit humaine, végétale ou animale. Et chaque vie mérite plus que la survie.

Que nous reste-t-il ? Les rêves…

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