Lettre à toi candidat à la réussite…

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«Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors (…) tu seras un homme, mon fils.» Rudyard Kipling (Poème)*

Tu as ou tu auras 20 ans bientôt. Tu aspires à un bel avenir car, depuis ton plus jeune âge, tes parents t’ont programmé pour réussir. Tu as beaucoup sacrifié pour te préparer à ces examens… Tu as passé, durant ces 15 dernières années, plus d’heures à étudier qu’à t’amuser, les yeux rivés sur ce passeport pour des études supérieures ou un travail. Mais un cyclone de classe 4 silencieux et invisible s’est abattu sur le pays et sur ta vie. 

Pendant quatre longs mois, tu as été coupé de l’école et de tes amis. Ton année scolaire a été perturbée et tes examens renvoyés. Et, il y a un mois, bis repetita ! Le virus dont on se croyait protégé est revenu aussi soudain et dévastateur que la première fois… À ce jour, il a contaminé plus de 500 personnes, isolé plus de 2 000 autres, confiné des localités entières et entraîné, directement ou indirectement, une dizaine de décès. 

La première vague a plombé l’économie. Tes parents sont au chômage ; ta famille ébranlée par le deuil, la maladie, la quarantaine, tes plans «cassés» ; tu voulais aller étudier mais les frontières sont fermées et les universités virtuelles… Bientôt il faudra un passeport sanitaire pour voyager. La deuxième vague obscurcit encore plus ta vision. 

Quel est ton état d’esprit ? Même si tu n’habite en zone rouge, ton école s’y trouve. Le virus rôde et passer un examen masqué en respectant la distanciation physique rajoute au stress. Tu dois quitter chez toi tôt pour ne pas rater un bus hypothétique ou bondé. Tes parents, impuissants, n’osent pas te montrer leur angoisse... 

Mis à part le vaccin, encore à ses balbutiements, l’année n’aura été qu’un flot de mauvaises nouvelles. La catastrophe est planétaire… et notre pays, point minuscule dans l’océan, est ballotté par ses flots tumultueux. Il ne contrôle plus rien. Tu te demandes : va-t-on apercevoir un phare pour nous guider vers la terre ferme ? Tous mes efforts auront-ils été vains ? 

Pourtant, il y a de l’espoir. J’avais ton âge au moment de l’Indépendance. Scénario quasi similaire. La seule source de revenus est le sucre et des cyclones dévastateurs balaient nos récoltes et maisons en bois sous tôle. Le pays divisé entre les pro- et les anti- Indépendance, des bagarres raciales amènent l’état d’urgence. Une population générale aisée émigre mais les pauvres n’ont pas ce choix. L’éducation secondaire est payante et le chômage est chronique. 

Aujourd’hui que voyons-nous ? Le travail, la persévérance, l’ingéniosité et la solidarité ont payé. L’enfantement s’est fait dans la douleur mais quelque chose nous rassemble pardessus tout : notre sentiment multireligieux. Aujourd’hui, 13 avril, est un heureux présage. Les hindous fêtent la naissance du dieu Rama, c’est le nouvel an télougou (Ougadi) et demain celui des tamouls (Varusha Pirappu). Tous incarnent le symbolisme de la lumière tirant le monde des ténèbres. Dimanche, les catholiques ont célébré «la miséricorde, le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son coeur à l’espérance d’être aimé pour toujours», a dit le Pape François. Il rejoint ainsi les musulmans en ce début du Ramadan, qui leur impose le service des plus pauvres car en latin, miseri veut dire «pauvres» et cor «coeur». 

Nous sommes un peuple résilient qui tombe mais sait se relever. Il l’a fait plusieurs fois… La vie n’est jamais un long fleuve tranquille – mais une rivière qui se cogne aux rives dangereuses ; qui connaît la sécheresse et les crues dévastatrices ; qui traverse les montagnes et les plaines mais qui n’arrête jamais de couler de sa source vers l’océan dans laquelle elle se fond. La vie est dure mais il faut espérer … car comme le fleuve, elle ne s’arrête pas... Tu es à la croisée des chemins… Tu ne peux pas rester immobile. La réussite s’obtient au prix d’un combat courageux et sans relâche. 

Martin Luther King disait dans son discours d’acceptation du prix Nobel de la Paix, le 10 décembre 1964. «Quand nos jours seront obscurcis par la menace de nuages bas et lourds, quand notre ciel nocturne se fera plus noir qu’un millier de minuits, nous saurons que nous sommes pris dans le tourbillon créateur d’une civilisation authentique qui se débat pour naître.»

*Texte intégral du poème sur : Tu seras un homme, mon fils

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