Quel sort pour le président et les membres du board de la STC

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Le Dr Ramchandra Bheenick est loin d’être un ‘ninport’. Médecin et important élément dans une clinique privée et héritier d’une vaste fortune foncière, il est davantage bailleur de fonds pour les politiciens qu’un colleur d’affiches en quête d’un ‘boute’. 

Les colleurs d’affiches font malheureusement l’objet de bien de railleries de la part des bourgeois. Mais il faudrait saluer les efforts entrepris par le Mouvement socialiste militant pour offrir des opportunités d’avancement à tout le monde, dans un souci de démocratisation de la société mauricienne. À cet effet, l’exemple le plus frappant de démocratisation aura été la nomination d’un chauffeur de taxi aux fonctions de président de l’Independent Broadcasting Authority (IBA). Ce chauffeur tient maintenant le volant pour décider de la direction que prendraient les radios privées, gérées par des professionnels de calibre. 

Pour revenir au Dr Bheenick, il se trouve qu’il est aussi président du conseil d’administration de la StateTrading Corporation (STC), qui, avec Air Mauritius, la State Bank of Mauritius, Mauritius Telecom et Landscope, s’avère une véritable vache sacrée quand il s’agit de traire la nation mauricienne. 

Dr Bheenick a failli devenir une personnalité politique de premier plan en 2005. En effet, si l’alliance MSM-Mouvement militant mauricien avait remporté les élections de 2005, le Dr Bheenick aurait pu assumer d’importantes fonctions au niveau du gouvernement de Maurice. Candidat de cette alliance, dirigée par le tandem Pravind Kumar Jugnauth-Paul Bérenger, dans le no 9, le Dr Bheenick a pris la cinquième place avec 35 % des votes, loin derrière Anil Bachoo (61 % des votes) et même après son camarade d’alliance, Sungeet Fowdar, avec 39 % des votes. Il a néanmoins devancé le vétéran Prem Koonjoo, qui a recueilli 34 % des votes. 

Dans le contexte de 2021, la présidence de la STC pèserait certainement plus en termes de poids en or qu’un simple ministère ‘kouyon kouyon’. Ce qui fait que le Dr Bheenick se retrouve comme l’un des éléments les plus importants dans l’appareil d’État. Puisque le nouveau ministre du Commerce, Soodesh Callichurn, a annoncé, le vendredi 12 février, qu’il compte «mettre de l’ordre» à la STC, et cela, avec la bénédiction du Premier ministre, le sort du Dr Bheenick comme Chairman de la STC, pourrait constituer un thème de dissertation en vue d’une maîtrise en sciences politiques. Qui osera faire partir le Dr Bheenick ? 

Dans le cadre de cette dissertation, l’étudiant pourrait toujours, pour satisfaire le word count, enquêter aussi sur le devenir des membres du board dont des fonctionnaires, mais aussi des membres indépendants comme Chetnarain Pooneeth et Feizal Jeetoo. Par quels moyens pourrait-on remplacer des fonctionnaires, qui y siègent ex-officio

On ne tardera pas à savoir si le ministre Callichurn means business à la STC ou si on trouvera vite l’astuce, qui permettrait au pouvoir d’éviter d’ouvrir la boîte de Pandore. Déjà, le fait de confier l’enquête sur les maldonnes à la STC à l’Audit et non à l’Independant Commission Against Corruption, indique que l’on voudrait bien noyer le poisson.

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