Ma vie en quarantaine

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Après la parution du premier article hier, nombreux sont ceux qui sont montés au créneau. «Ouais pé kritiké» alors que non, je n’ai fait que relater l’expérience vécue par les 81 passagers qui étaient à bord du vol en provenance de Londres. Reprenons.

Après une heure et demie de route, nous sommes finalement arrivés au centre de quarantaine, l’hôtel Le Mauricia, vers 16 h 30. Maurice s’est transformé en un monde nouveau, loin du pays que j’ai quitté il y a un peu plus d’un mois. De Plaisance à Grand-Baie, je n’ai croisé qu’une dizaine de voitures. Quel sentiment bizarre de voir les rues de la capitale désertes. Un peu comme un film qui parle d’apocalypse. Encore plus bizarre de ne pas entendre le bruit ambiant des véhicules en fond sonore toujours présents à Port-Louis, de jour comme de nuit. Malgré le soleil, l’ambiance était sinistre, comme la situation...

Une fois n’est pas coutume. Arrivés au centre, il a fallu encore attendre. Les nouveaux locataires étaient agglutinés dans le hall d’entrée sans que la distance de sécurité ne soit respectée. La faute à qui ? Aux passagers eux-mêmes ? Au personnel ? La réponse viendra d’un membre du personnel de l’hôpital exaspéré. Las de courir entre les infirmiers qui se perdaient dans les dossiers, les passagers qui s’obstinaient à enlever leurs masques, d’autres qui souhaitaient passer devant d’autres, elle a fini par lâcher, «bann pran décizion la dan aircon zot. Nou nou lor frontline, séki pé dir nou fer nou pé fer».

Trois heures supplémentaires ont été nécessaires pour que l’équipe vienne à bout de 81 passagers. S’en sont suivis, la prise de température, des questions adressées au seul médecin présent sur place qui n’a pas soufflé une minute et les dossiers à remplir. Impossible, donc, de faire plus vite. Face au nombre de personnes âgées dans la foule, l’entraide pour monter les bagages entre les voyageurs en quarantaine s’est vite mise en place. Pas de gants disponibles pour les «patients», donc monter les valises s’est fait sans.

Une fois dans la chambre, plus le droit de sortir. Ce qui est un peu le but de la quarantaine. Le personnel a eu fort à faire pour classer les familles par chambre, afin qu’il n’y ait pas de prétextes pour se balader dans les couloirs. Mais la vie s’organise autrement... Pour les interactions humaines tout en respectant scrupuleusement le «social distancing», primordial pour limiter la propagation du virus, les voyageurs communiquent de leur balcon respectif. Prendre des nouvelles, raconter sa première nuit, les problèmes rencontrés...La communication continue à se faire, dans des circonstances que l’on connaît..

J-1 : Ma vie en quarantaine

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