Plaidoyer pour l’histoire

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Notre pays est souvent considéré par les étrangers comme un petit bout de terre qui rassemble pacifiquement divers peuples venus de plusieurs coins du monde. C’est un melting-pot où se mêlent principalement, et dans une certaine réussite, des descendants d’Européens, d’Africains et d’Asiatiques. C’est le miracle à la mauricienne, une situation que bien de pays au monde nous envient parce que synonyme de paix, de stabilité et de progrès aussi. Ce n’est pas un hasard si Maurice figure parmi les très rares pays qui ne sont pas en situation de guerre civile ou engagés dans des conflits avec d’autres nations. À l’échelle internationale, nous sommes relativement un très jeune pays. Cette nation, qui est toujours en construction, pèche cependant par un sérieux déficit en matière d’enseignement de son histoire. 

Oui, nous ne connaissons pas (tous) notre histoire. Seuls quelques Mauriciens, plus curieux que d’autres, ont fait ou font l’effort d’aller à la pêche aux connaissances historiques, aux faits qui ont marqué et forgé la destinée de notre pays. Bien sûr, l’école, à travers l’enseignement public, donne des bribes du passé aux élèves, sur l’ancienne Isle de France, actuelle République de Maurice. On connaît, sans que pour cela l’école n’entre dans des détails, les grandes étapes de la découverte et de la colonisation de cette île, jusqu’alors inhabitée, par des navigateurs portugais, hollandais, français et anglais. On soupçonne que d’autres peuplades, comme les Arabes, auraient pu faire relâche le long de nos côtes, en route vers d’autres contrées. Ça, c’est pour la partie enseignée de notre histoire, et encore, certaines périodes sont vite abordées et évacuées. 

Quid de l’enseignement de la période de développement économique et social qu’a connu le pays depuis la fin du XIXe et tout le long du XXe siècle ? On en parle peu ou pas du tout. On se limite aux grands personnages ou événements qui ont façonné certaines étapes clés de notre histoire, sans aller vers d’autres qui ont, eux aussi, contribué à faire sortir le pays de l’état de sous-développement qu’il était il n’y a pas si longtemps pour le faire entrer de plain-pied dans le cercle des pays développés, après l’Indépendance. Autre chose : combien parmi nos jeunes écoliers et collégiens actuels connaissent l’histoire contemporaine de leur pays ? Pas l’histoire d’il y a cent ou deux cents ans, non, mais celle d’il y a 20 ou 30 ans ? La réponse est évidente. 

Un pays qui ne connaît pas son histoire, nous dit le dicton, est comme un navire sans gouvernail : il va errer de ci et de là, sans réelle maîtrise sur son cheminement. Alors, plaidons pour un véritable enseignement de l’histoire à notre jeunesse. Plaidons pour que des hommes et des femmes de bonne volonté, de tous bords politiques, mettent de côté leurs passions partisanes et travaillent de concert pour dégager un cursus approprié pour l’enseignement de TOUTE notre histoire, au primaire comme au secondaire. Pour que nous ayons un peuple éclairé et non pas une population de moutons décérébrés, vivant uniquement dans l’instantanée du moment.

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