Accordons du crédit aux «credits»

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Les résultats du School Certificate (SC) sont connus depuis quelques jours et, avec eux, sont venus les polémiques habituelles entourant le sujet. Parmi, le débat autour des cinq «credits», la ligne de démarcation qui autorise, ou pas, le passage de l’apprenant vers la classe de Grade 12. Il faut savoir que pour figurer dans les statistiques du SC, l’élève peut faire entre six à dix matières. Ceux qui ne font que cinq matières sont considérés sous le régime du GCE ‘O’ Level. Mais tout ce beau monde doit avoir cinq «credits» pour passer à l’étape suivante de la scolarité. Cela a été le cas pendant de nombreuses années, puis, il y a peu, la décision politique avait été prise de ramener cette barre à trois «credits». Et en 2017, il a été annoncé par l’État qu’elle passait à quatre «credits» pour la cuvée 2018 et à nouveau à cinq «credits» à partir de 2019.

C’est quoi, ce fameux «credit» ? Il s’agit d’un système de notation où l’apprenant doit scorer au minimum 50 points dans la matière examinée. 50 pourcent. On demande cela à un adolescent de 16/17 ans, qui vient de faire cinq années d’étude au collège. Un collégien habitué donc au système éducatif puisqu’il baigne dedans depuis au moins cinq ans. Pour le SC de 2019, plus de 13 000 n’ont pas été en mesure de ramener un minimum de 50 % dans cinq matières. En général, ces collégiens font huit matières pour le SC. On leur demande d’avoir au moins 50 % dans cinq de ces huit matières (et de ne pas échouer en anglais) pour pouvoir passer en Grade 12.

Ils ont été 18 659 candidats à passer les examens de SC et de GCE ‘O’ Level, l’an dernier. 13 141 élèves n’ont pu avoir le minimum requis, avec seulement 5 518 ayant obtenu cinq «credits» ou plus. Ces collégiens-là vont pouvoir passer en Grade 12. Les 13 000 autres ont diverses possibilités qui s’offrent à eux. Certains peuvent redoubler le Grade 11 et retenter une seconde fois le SC. D’autres, qui ont déjà redoublé cette classe, vont devoir quitter leur collège. Ils ont néanmoins la possibilité de s’inscrire dans un collège privé payant, qui leur offrira la chance de faire une troisième tentative à ces examens, avec le GCE ‘O’ Level.

Il y a la possibilité pour d’autres de s’inscrire à des cours de formation professionnelle dans les centres du MITD, à l’École hôtelière, ou à Polytechnics Mauritius, entre autres. Il y a aussi des institutions privées qui offrent des cours de remise à niveau et qui permettent de retenter le SC plus tard. D’autres encore vont entrer sur le marché du travail, car, mis à part la fonction publique, le secteur privé, en général, ne demande pas à l’employé d’avoir 5 «credits» pour pouvoir se porter candidat à certains postes. Mais rien n’empêche aussi ces derniers de refaire ces examens en tant que candidats privés, dans quelques temps ou même l’an prochain, car la maturité aide à s’améliorer.

 Ce n’est pas le propos de cette chronique de jouer au «blame game». Les raisons qui expliquent que 7 collégiens sur 10 ne sont pas arrivés à avoir les minima pour faire le HSC sont multiples. Toutes les parties prenantes de l’éducation – élèves, parents, enseignants, direction scolaire, ministère, gouvernement, secteur privé, etc. – sont concernées par l’échec de ne serait-ce qu’un seul enfant. Chacun doit faire son mea culpa. L’élève doit se demander s’il a vraiment fait tout son possible pour être fin prêt le jour des examens. A-t-il fait ce pour quoi il va à l’école : apprendre ? Ou a-t-il fait des choses qui l’ont éloigné de l’apprentissage ?

L’enseignant doit, lui, se remettre en question : a-t-il su guider ses élèves comme il le faut ? Qu’a-t-il fait pour «sauver» les plus faibles ? Et tant d’autres questions. Le parent a-t-il, lui, joué à fond son rôle de premier éducateur pour son enfant ? A-t-il transmis les valeurs et les normes qui permettent à un enfant de s’épanouir au sein de la société ? Les autorités ont-elles pris des décisions de politique éducative appropriées, quand il faut, là où il faut ? Ont-elles établi des règles pour venir en aide aux élèves les plus vulnérables ? La société a-t-elle joué pleinement son rôle pour bien encadrer les enfants ?

 Les questionnements sont multiples. Les réponses ne sont pas évidentes, des fois. Mais si chacun joue son rôle comme il le faut, l’échec scolaire peut être combattu. Il y a très peu de système éducatif parfait de par le monde. Chez nous, toutes les parties prenantes sont au courant des paramètres du présent système. Les cinq «credits» sont là pour durer. Il faut donc travailler en conséquence.

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