Encourageons la lecture

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Décembre est là. Ce mois est souvent synonyme de vacances pour les enfants, de fêtes telles que la Noël et le Nouvel An, et de cadeaux surtout. Ce qui amène l’auteur de ces lignes à quelques réflexions sur un problème qui prend de plus en plus d’ampleur : le peu de cas que font les enfants et les adolescents de la lecture. Certains d’entre vous ont dû se dire : «Mais qu’est-ce que la lecture a à voir avec des cadeaux pour des enfants ?» C’est là le coeur du problème : donner un livre en cadeau à un enfant est une idée qui traverse la tête de moins en moins de parents ou d’adultes. 

Une chose qu’on ne doit pas oublier : les statistiques ne mentent pas. Il y a un nombre important d’écoliers et de collégiens qui quittent l’école sans savoir ni lire ni compter. Pourtant, ils ont fait leurs six années de primaire et au moins trois à cinq ans au secondaire. Qu’est-ce qui expliquent alors le taux d’échec dans diverses matières, que ce soit pour le PSAC ou pour les examens nationaux de Grade 9, 11 ou 13 ? 

Il y a certainement beaucoup de facteurs qui provoquent l’échec scolaire. Mais un de ces facteurs reste le désintérêt des enfants pour la lecture. Il fut un temps où le parent lambda faisait porter le chapeau de l’échec de son enfant au ministère de l’Éducation ou au gouvernement. On n’hésitait pas à calomnier les enseignants ou l’administration, les accusant de n’avoir pas su inculquer les rudiments d’une éducation de base aux enfants. Sauf que, de nos jours, il est de plus en plus évident que beaucoup de parents sont les artisans de l’échec de leurs progénitures. 

Les premiers profs d’un enfant sont ses parents. Si, par exemple, le petit garçon ou la petite fille ne voit jamais ses parents lire ou, encore, ne reçoit pas d’encouragement de leur part pour qu’il ou qu’elle lise, l’enfant ne va pas être encouragé à le faire. Si l’enfant voit maman et papa la tête toujours dans leurs smartphones, il y a de grandes chances qu’il les imite le plus tôt possible. 

On aura beau dire, la lecture papier et la lecture écran ne se ressemblent pas. Les facultés cognitives et psychomotrices qui sont stimulées lors de ces types de lectures ne sont pas les mêmes. La rétention d’informations lues est différente dans les deux cas. La capacité d’attention n’est pas similaire. Et il y a pleins d’autres raisons encore qui expliquent que le bon vieux livre a toujours de son importance à l’ère du numérique. 

Non, le ministère de l’Éducation ne peut être à chaque fois blâmé si l’enfant ne lis plus comme il faut. Car les profs sont formés pour prodiguer un enseignement académique. Ceci inclut bien évidemment la lecture, à toutes les étapes de la scolarité de l’enfant. Si cet enfant ne fait pas ce que le prof attende de lui en classe et s’il ne pratique pas la lecture plaisir, où ira-t-il chercher du vocabulaire pour une rédaction, par exemple ? Comment les générations précédentes ont-elles fait pour avoir un contenu langagier plus riche et diversifié ? 

Avant les années 2000, les réseaux sociaux n’existaient pas, Internet n’était pas facilement accessible à tous, les téléphones n’étaient pas encore «smart», … Ceci explique cela, non ? L’enfant pré-an 2000 faisait l’effort de bouquiner, d’ouvrir dictionnaires et encyclopédies, de s’abonner à des bibliothèques publiques, de s’échanger livres, romans, BD, revues, magazines entre copains. Il recevait aussi, régulièrement, un livre de lecture en cadeau, lors de son anniversaire ou pour la Noël. Car c’était un cadeau de valeur, précieux.

Qu’est-ce qui cloche de nos jours ? Des parents ont de tout temps travaillé. Souvent, la maman et le papa ne pouvaient suivre la scolarité de leur enfant de façon quotidienne. Pourtant, la plupart des enfants sortaient de l’école avec, au moins, les aptitudes de lecture et d’écriture. Le problème ne serait-il pas plutôt un laisser-aller des parents (pas tous), qui préfèrent «parquer» leurs mômes devant la télé, l’ordinateur ou la tablette, afin d’avoir «la paix» ? Le problème n’est-il pas le fait de céder aux caprices du «prince» ou de la «princesse» et de lui offrir un smartphone en cadeau ? Où croyez-vous que l’enfant trouvera-t-il le temps pour lire ? Il a tant de choses plus «excitantes» à faire, n’est-ce pas ?

Alors, chers adultes, pour les fêtes, pour son anniversaire, donner un livre à un enfant. Mieux, lisez devant lui, racontez-lui une histoire, emmener le à la bibliothèque, visitez avec lui les rayons d’une librairie. Encouragez l’enfant à lire. Il sortira de l’école avec plus de bagages techniques mais, surtout, il saura lire et écrire. 

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