Jouons à la trêve patriotique

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En quarante ans de Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), Maurice a accueilli trois fois la compétition. Après le bouillonnement populaire des deux premières éditions en 1985 et en 2003, nous sommes en droit d’attendre un nouvel opus qui nous donne autant de fièvre en 2019. Une belle leçon de patriotisme, saupoudrée de talent, de bravoure avec un bon zeste du goût de l’effort. De quoi cimenter une nation, créer un esprit d’appartenance. Voire gommer les différences avec panache. Voilà nos vœux pieux pour cet épisode 10 des JIOI !

Pour une fois, essayons de tous parler la même langue. Même si ça ne dure que le temps des Jeux. Que l’on soit pro-gouvernement ou ultra-opposition. Ressentir enfin un sentiment d’unité… avant que ce beau quadricolore ne s’entre-déchire à nouveau et que chaque composante recommence à se crêper le chignon. Car, personne n’est dupe, on n’est pas chez les Bisounours.

Dix jours d’unité, à tout casser, ce n’est pas la mer à boire non ? Si, pour Karl Marx, la religion est l’opium du peuple, les Jeux des îles permettent, eux, de s’octroyer une trêve dans nos guéguerres internes. Au nom de la fraternité interîles. C’est dans cet esprit que Marie-Lourdes Allysamba Appadoo et Eric Milazar ont allumé la vasque lors d’une cérémonie d’ouverture lumineuse et grandiose, hier soir, au stade Anjalay : «Ene océan la limiere». Dommage, cependant, que Bruno Julie, légende du sport mauricien, soit l’oublié des Jeux.

C’est dans le même élan que nos compatriotes ont ranimé l’étincelle patriotique qui sommeillait en eux lorsque la flamme a sillonné les quatre coins de l’île, quand ils ont fredonné l’hymne à la mode (un peu forcé) ‘Tamtam dans zil’ ou encore à travers l’oiseau rare «Krouink» qui, qu’on l’aime ou pas, est déjà l’idole des mômes. Vous le trouvez de mauvais goût ? Allez dire ça à un gosse de deux ans qui vous réclame sa peluche ou le t-shirt à son effigie…

Mais rien de telle qu’une entrée en compétition en fanfare pour rebooster la fibre du mauricianisme. Comme celle de nos nageurs hier, dans le superbe écrin de Côte d’Or où Bradley Vincent et Alicia Kok Shun ont décroché leur Graal doré sur 50m nage libre et 50m brasse respectivement. Sans oublier les médailles d’argent et de bronze signées Inès Gébert, Olivier Wong Chap Lan et Mathieu Marquet, ainsi que notre relais 4x100m nage libre où Vincent a laisser échapper l’or à 11 petits centièmes. Que cette trêve patriotique nous berce d’illusion le plus longtemps possible !

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