La vérité vient-elle d’ailleurs ?

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Saviez-vous que le 19 juillet, soit le Jour de la cérémonie d’ouverture des jeux, les premières médailles d’or mauriciennes viendront peut-être de la natation ? Certes, elles seront le fruit du travail acharné des nageurs. Mais elles attesteront également de la compétence de leurs entraîneurs. Sauf que… Ils ne sont pas de Maurice !

Un petit retour en arrière s’impose… Cela fait des années que les nageurs de l’élite sont coachés par des entraîneurs étrangers. En 2011, le Français Philippe Pascal, alors DTN de natation, avait permis à Maurice de remporter 8 médailles d’or aux JIOI organisés aux Seychelles (NDLR : deux handisportifs en avaient récolté 2 de plus, portant le nombre de médailles d’or à 10). Après les JIOI de 2015 à l’île de la Réunion, où Maurice n’en avait gagné que 4, c’est l’Australien Ben Hiddlestone qui lui succède. 

Devenu par la suite entraîneur national de natation, Ben Hiddlestone démissionne de son poste pour s’acquitter d’autres tâches. Privés de technicien étranger, les nageurs de l’élite sont alors priés par la Fédération Mauricienne de natation de poursuivre leur préparation dans leurs clubs respectifs.

Où en est-on aujourd’hui ? 14 nageurs de la sélection mauricienne sont entraînés bénévolement par les deux anciens DTN de natation, à savoir Philippe Pascal et Ben Hiddlestone. Et ils le font très bien. Néanmoins, on peut se demander pourquoi il ne s’est trouvé aucun Mauricien à ce jour, pour assumer ces tâches à la tête d’une sélection…

L’idée n’est pas de critiquer le travail colossal des deux coachs étrangers, loin de là. Le pays leur doit beaucoup ! Mais il est tout aussi légitime de se demander pourquoi les autorités ne pensent pas à investir dans une formation plus poussée des entraîneurs mauriciens.

Est-ce seulement un problème de compétences ? Ou tout simplement la crainte de ne pas obtenir un salaire attrayant. Car c’est une réalité à Maurice : l’entraîneur local n’est pas souvent logé à la même enseigne qu’un étranger. Du coup, la possibilité d’occuper le poste de DTN ou d’entraîneur national de natation devient moins attrayante.

Le même constat peut être fait à propos des clubs de natation à Maurice. Les plus prestigieux d’entre eux préfèrent se tourner vers les compétences étrangères, la perception étant que celles-ci sont les seules à viser l’excellence. Dans les faits, on constate aujourd’hui que la majorité des nageurs sélectionnés pour les JIOI ont eu ce type d’encadrement.

On pourrait extrapoler en se posant des questions sur les nageurs ‘expatriés’ comme on les appelle, qui viennent en renfort à chaque édition des Jeux des îles. Certains d’entre eux évoluent à l’étranger parce qu’ils étudient ailleurs tandis que d’autres ont été sélectionnés parce qu’ils ont pu avoir la nationalité mauricienne.  Leur apport est précieux et dans bien des cas, ils ont permis à Maurice de briller aux JIOI.

Pourquoi sont-ils meilleurs que ceux d’ici ? Pas seulement parce qu’ils bénéficieraient de meilleurs entraînements ou de meilleurs infrastructures mais parce qu’ils sont confrontés à plus de concurrence lors des compétitions à l’étranger.

Et que penser des jeunes nageurs à fort potentiel aujourd’hui qui n’auront pas les moyens d’ici trois ans, d’aller étudier à l’étranger et d’y recevoir un encadrement sportif d’excellence ? La solution idéale sera-t-elle de faire venir une académie de natation européenne ou américaine à Maurice ? Ou, tout simplement, de revoir et peaufiner un concept qui a fait ses preuves dans le passé comme le TFES avec ses pôles jeunes en natation ?

Certains peuvent critiquer ce qui a été fait dans le passé, mais il a le mérite d’avoir apporté des résultats. Et demain ? Nous devons viser l’excellence quelles que soient les échéances. Le complexe sportif de Côte d’Or devrait servir de prétexte, après les JIOI, pour façonner des sportifs et des entraîneurs cinq étoiles.

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