Élections mairales: un non-événement

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La semaine dernière, les conseillers municipaux des cinq villes ont élu un des leurs aux fonctions de maire. Dans le passé, la population montrait un intérêt pour cette élection. Cela en raison des personnalités qui accédaient à ce poste prestigieux et des projets urbains qu’elles portaient.

Aujourd’hui ce n’est plus le cas. L’élection des maires est un non-événement. «Dans l’indifférence générale, ils sont élus par des fantômes pour des postes-fantômes aux frais du contribuable», fait remarquer Lightboulanger.

Cette indifférence des citadins est, sans doute, motivée par l’absence d’actions significatives de la part des maires. «What do they achieve during their term as first magistrate of the town?» s’interroge Abimanu M. avant de conclure que «Municipal councillors and District councillors have become agents of political Parties».

Des internautes perspicaces font ressortir qu’il s’agit plus de désignation par le pouvoir central que d’élections. «Government chooses who will be the mayor. In the end the mayor is a government puppet», estime Eagles Eyes.

De l’avis d’autres commentateurs, il faudrait revoir le système de l’administration régionale. Ne devrait-on pas avoir recours à l’élection d’un maire au suffrage universel direct pour un mandat pluriannuel ? «Should mayors not be directly elected and accountable to the electorate as opposed to being nominated for a term of 3-4 years so that they can have time to implement policies and strategies», avance Robert Drake.

Réagissant à cette suggestion, Tse attire l’attention sur le taux d’abstention aux scrutins régionaux pour démontrer que les citadins sont, d’une certaine manière, responsables de la situation qui prévaut au sein des collectivités locales. «Aux élections municipales, en juin 2015, 65 %, soit deux tiers des citadins ont préféré ne pas voter.»

Une des explications à cette désaffection de l’électorat serait la médiocrité des candidatures proposées. Jadis, des figures emblématiques de la politique se présentaient aux élections municipales. On se rappelle que sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Gaëtan Duval, sir Abdool Razack Mohamed et Renganaden Seeneevassen entre autres personnalités politiques de premier plan ont été des conseillers municipaux.

Tout le monde admettra que la comparaison avec les élus municipaux de 2015 est très défavorable à ces deniers. Ainsi, l’on ne s’étonnera pas de la colère des internautes après les gesticulations du grotesque adjoint au maire de Quatre-Bornes. «Tout un cinéma ! Et faire allégeance à Maunthrooa. Quelle référence !» lance un Chant du cygne persifleur à Dooshiant Ramluckhun. Les revendications de ce dernier sont qualifiées de «vilger santaz», par Hans Veer.

Le comportement de l’adjoint au premier magistrat de la Ville des Fleurs a décidément accentué la perte d’estime des citadins pour les élus municipaux. La remarque de Comte d’Artagnan en dit long à ce sujet. Il trouve que les élections mairales sont une «perte de temps et d’argent», car les conseillers «sont tous des lèche-bottes qui n’ont aucune idée comment gérer une ville».

Kris0807 élargit le champ du débat. «Tou politisien fer la-politik pou so lintéré personel à 99.9 % ek leres 0.01 % la, swadizan pou péi.». Et s’il avait raison.

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