Une quête olympique n’est pas un projet de mariage

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« Si un couple projette de se marier, qu’est ce qui serait plus raisonnable pour eux, d’investir dans la réception ou de donner priorité à la construction de leur maison ? » C’est, en gros, l’analogie établie par le Permanent Secretary du ministère de la Jeunesse et des Sports, Mubarak Boodhun, vendredi dernier en conférence de presse. Pour répondre à notre observation sur le déséquilibre, gigantesque, entre le budget de plus de … Rs 6 milliards injecté dans la construction et la rénovation des infrastructures (le complexe de Côte D’Or absorbera à lui seul Rs 4.6 milliards) et celui, de même pas Rs 100 millions, accordé pour la préparation de nos athlètes. Sachant, bien évidemment, qu’au-delà des JIOI, se place la perspective de Paris 2024, projet qui vise à per- mettre à un maximum de nos sportifs d’obtenir une qualification olympique.

La comparaison de M. Boodhun est insensée. Mal inspirée même. Il est libre de penser que la construction de la maison d’un couple est plus importante que la qualité de la réception nuptiale qui sera offerte aux invités. Mais, épargnez nous, s’il vous plaît, ce genre de réflexion, car elles n’ont pas leur place dans le sport. Une quête olympique, ça a des exigences. Ça demande une planification qui soit exemptée de petits calculs simplistes visant à dépenser moins sans se soucier de l’impact que cela aura sur le résultat recherché. Cela demande un travail, un investissement digne de ce nom. Et, que l’accent soit mis sur l’humain. Ce sont des athlètes que l’on va envoyer à Paris, non des bâtiments. Donc, injecter Rs 6 milliards dans les infrastructures et Rs 100 millions sur l’humain, celui-là même qui est au centre de l’objectif, est absurde. Et tenter de le justifier, cela relève d’une absurdité encore plus grande.

On ne dit pas qu’il ne faut pas investir dans les infrastructures, bien sûr qu’il le faut, mais qu’il y ait un équilibre dans la manière dont les fonds sont utilisés. Le complexe sportif de Côte D’Or, avec tous les milliards qu’il aura nécessité, ne servira en rien nos ambitions olympiques, si à côté, nos athlètes ne reçoivent pas les vitamines et autres compléments nécessaires. Aussi beau qu’il soit, ce qui semble plus être la lubie de Pravind Jugnauth qu’autre chose, il ne sera pas d’une grande utilité si nos sportifs s’y entraînent, tous les jours, avec le même ‘sparring partner’ qu’ils ont depuis des années. Encore moins si un athlète doit travailler pendant huit heures sur un chantier de construction avant de s’y exercer.

Ce dont nos athlètes ont besoin, c’est d’un encadrement professionnel. D’un maximum de stages, de frottements internationaux. Les spécialistes et les observateurs sont unanimes sur ce fait. On parle-là d’un impératif pour progresser, pour atteindre le haut niveau.

Paris 2024, c’est bien joli quand on en parle. Mais, pour y arriver, il faut un plan de travail intelligent, échelonné sur les cinq années qui nous séparent de l’échéance, avec le budget requis et soumis à une utilisation judicieuse et le respect de toute une série d’implications auxquelles certains ne donnent malheureusement pas leur juste mesure. Paris 2024 est, pour le moment, dénué de tout dynamisme.

Vous le voyez bien chers lecteurs, ce dont on parle ici n’a rien à voir avec un mariage ou la construction d’une maison !

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