Air Mauritius utilise les grands moyens !

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Avec des comptes intérimaires de neuf mois à décembre 2018, dûment plombés par des pertes d’environ Rs 1 milliard et en attendant le nouveau rapport PwC/CAPA, le management d’Air Mauritius semble avoir sorti l’artillerie lourde et commence à couper les cous-pardon, les coûts !

Parmi les toutes premières mesures : plus de magazines dans l’avion ! On ne sait pas si c’est pour se démarquer des autres lignes aériennes ou pour économiser les quelques centaines de gallons de kérosène que le transport d’un peu de papier peut représenter par an, mais ces économies de bouts de chandelle augurent, dit-on, une série de mesures du même genre pour «sauver» la compagnie en l’allégeant. On évoque ainsi :

(i) Un escompte gradué pour les passagers qui pèsent moins que la moyenne de 60 kilos, ce discount va atteindre jusqu’à 70 % pour les anorexiques qui, d’ailleurs, devraient alors s’attendre à l’économie complète de leurs repas !

(ii) Dans la même logique, une prime graduée aussi sera appliquée à tout passager pesant plus de 60 kilos. La taxe frappera non pas le poids excédentaire déclaré par le client, mais celui qui s’affiche sur la balance au moment de l’enregistrement du passager (avec chaussures et poches pleines, svp). Il est vivement recommandé au client de jeûner quelques heures avant son voyage, chaque excédent de 1 kilo représentant une prime de 3 % sur le prix de base du billet.

(iii) De petites adaptations s’appliqueront aussi désormais aux repas eux mêmes. Dans le cocktail de crevettes on en comptera désormais huit à la douzaine et les bananes flambées et le tiramisu sont éliminés au motif qu’ils sont «lourds» à digérer.

(iv) Dans les toilettes, ce qui pèse, c’est l’eau et, à l’instar des magazines, le papier, bien entendu. Un comité spécial se penche activement sur la question (avec des pince-nez s’entend) avec l’objectif d’éliminer les deux et d’offrir, à la place, des solutions… virtuelles et/ou électroniques !

(v) Un projet spécial occupe un autre sous-comité pléthorique d’Air Mauritius : le billet d’avion Somno. Répondant à l’appel du gouvernement pour plus de recherche et d’innovation, il s’agit, dans ce cas, d’un billet d’avion qui est vendu avec deux cachets de somnifère en cadeau, mais que l’on doit forcément avaler, sous contrôle, quand on entre dans l’avion. Ce billet fera économiser à la compagnie les repas, les toilettes et les incidents de toutes sortes, y compris les risques de «saoulaisons» ou d’attouchements. Ce qui prend un peu de temps avant de lancer cette solution, c’est de trouver un somnifère qui empêche de ronfler ou de faire des pets odorants. De plus, le dosage de chaque somnifère doit être adapté à chaque parcours et des antidotes instantanés et efficaces restent à trouver. En effet, si un vent arrière mène l’avion à atterrir trop tôt, on peut imaginer les risques d’image pour une compagnie d’aviation obligée d’évacuer tous ses passagers sur des civières !

On aura remarqué que ces initiatives concernent surtout les passagers, un peu encombrants si vous voulez mon avis, plutôt que les employés en surnombre ou les bénéficiaires de billets d’avion gratuits. Pas de doute, c’est du haut vol ! Ce qui réclamera inévitablement un exercice de «rebranding» total, changement de logo, de «signature tune» etc.

Faites un choix entre deux suggestions peut-être ? Air Gotage ou Air Eure ?

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