Cannabis: dépénaliser ou non ?

Avec le soutien de

Le comité d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, récemment, recommandé une reclassification du cannabis dans la catégorie des drogues moins nocives. Depuis, divers lobbies, un peu partout dans le monde, donnent de la voix. Il en est de même à Maurice.

Cependant, les protagonistes engagés dans le débat local ne précisent pas que l’OMS s’intéresse surtout à l’aspect médical de la plante. «No one seems to be able to differentiate between medicinal cannabis and recreational canabis», fait remarquer Marcel M. Anwar G., pour sa part, précise : «Le cannabis médical n’est pas la même chose que le cannabis. C’est un dérivé du cannabis.»

Les pro-dépénalisation sont les plus présents sur les réseaux sociaux. Certains sont en faveur de la reclassification du cannabis parce qu’ils pensent que c’est un moyen de contrer la prolifération de la drogue synthétique et autres substances nocives. «Bisin depenaliser… tro bocou jeune pe detruir ar la drogue dir ek lacool», rappelle Tefou. «Si legalize gandia, le peuple pou dir non a la drogue synthétique», prévoit Yash.

D’autres voient des opportunités économiques dans l’assouplissement de la réglementation relative au cannabis. «As a growing economy, we should never let this opportunity slip», conseille Sanajy. Ritesh partage cet avis. «La dépénalisation accélérée du cannabis ne va pas s’arrêter. Donc, soit on fait partie des premiers wagons ou alors on essaiera de monter dans le train en marche quand le marché sera envahi», écrit-il.

Ces arguments ne parviennent pas à convaincre le camp des opposants à la dépénalisation. Eux, pensent que la consommation du cannabis conduit à celles des drogues dures. «Cannabis eventually leads to hard drugs», avance Goburdhun M. «La fumerolle cannabique peut vous plonger dans l’enfer des drogues dures», ajoute Réaliste. Akss est, lui, d’une fermeté certaine «Non au gandia. Non à toute forme de drogue. Il faut pratiquer la Tolerance Zéro.»

À Maurice, les politiciens se sont emparés du sujet. Le leader de l’opposition et le chef du gouvernement se sont prononcés sur la question. Cependant, leurs interventions laissent les internautes dubitatifs. «La position du PM est dictée par sa campagne électorale. XLD fait de la récupération politique. Sur un tel sujet, les arrière-pensées politiques sont mauvaises conseillères», observe Johnny Cash.

Les commentateurs doutent de la sincérité des politiques. «Le Premier ministre joue un jeu politique plutôt que d’adopter une recommandation des Nation unies» dit Anwar G. Le leader de l’opposition n’est pas ménagé. «XLD ti au pouvoir beaucoup l’anné. Kifer li pas ti légalise sa ?» se demande Tyagas.

Les partisans de la dépénalisation du cannabis sont impatients. Ils déplorent ce qu’ils perçoivent comme de l’attentisme de la part des autorités. «How long would the legislature bury its head in the sand like an ostrich?», s’interroge Rokebata. «Ce gouvernement n’aura jamais le courage de légiférer» lui répond Zoro.

Entre les points de vue diamétralement opposés des pro et des anti, se dégage une voie médiane : celle de la sensibilisation et de la prévention. «C’est par la prévention, l’éducation et l’ouverture d’esprit qui nous pou kapav combattre sa fléau là», affirme The truth. Rokebata, pour sa part, fait une proposition concrète : «Community care services including health education, prevention and counselling service should be made available in each health area or district.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires