Esclavage : entre discours et réalités

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La commémoration de l'abolition de l'esclavage, le 1er février, n'a pas soulevé un grand enthousiasme parmi les internautes. Les commentaires postés à ce sujet révèlent une fatigue du public par rapport aux célébrations routinières. «Discours lor esclaves, tous les ans même chanson, même bla bla, même hypocrisie», note L’expert.

 L’opinion déplore aussi l’absence d’actions dans la foulée des propos prometteurs, mais vains «Tou les l’année même cinéma - dépôt zerbes, la messe, discours, foto, mais pou descendant esclav pena narien», avance Alexandra.

 Cependant, il n’y a pas que les descendants d’esclaves. Les internautes se sont sentis interpellés par la situation des travailleurs bangladais. Ces derniers sont traités de manière indigne par leurs employeurs qui ne versent pas les salaires des ouvriers et ne leur assurent pas des conditions de vie décentes.

La révélation de la situation précaire des travailleurs bangladais coïncidant avec les célébrations marquant l’anniversaire de l’Abolition de l’esclavage, des internautes n’ont pas manqué de lier les deux sujets.

 «Generally speaking, an employee without salary is considered a slave! This is modern slavery in our country», affirme Eagles Eyes. Kassemakai est, lui, plus explicite «Dans notre pays, l’esclavage est aboli, mais il y a encore des gens qui traitent les autres, dont les ouvriers étrangers comme des esclaves.» Pour Peter K. «nos travailleurs étrangers ne sont rien d’autre que des esclaves des temps modernes.»

 La médiatisation des misères que subissent les ouvriers bangladais porte un coup à la fierté des Mauriciens. «These people are here to work in order to earn a living for their family. Ashamed to call myself Mauritian», dit Jake Russ.

 Ani ajoute «what a shame on our countrymen who invite those people to work hard for them and treat these humans as modern slaves». Et Goburdhun M. de s’interroger : «How can we say we are a civilised nation ?» Lui faisant écho, Timolicien se demande «does Mauritius want to be seen as a place where 21st century slavery is still being tolerated?» Kipling s’indigne : «C’est une honte pour l’île Maurice, cette situation inadmissible perdure depuis plusieurs années !»

Des commentateurs rappellent les postures ambigües des politiciens par rapport aux travailleurs étrangers. «Parti travailliste, MMM, PMSD, ban lezot partis et syndicats pa dire nanrien lor traitement ki ban travayer bangladais subir dan nou peyi !» s’étonne Barlen.

Et Diselpima de donner un conseil aux politiciens. «Au lieu gaspille l’argent dan gerbes al depose ene tente ration kot bann esclaves modernes dan dortoirs l’usine», suggère-t-il.

 Rajen ne manque pas de relever le paradoxe de la situation. «Ici dans Moris 1er Fevrier fête l’Abolition esclavage. Ici dans Moris nou encore pe traite dimounn kouma zanimo», avance-t-il. Et l’internaute Ls de conclure par une injonction : «Mauriciens bizin rapel ki zot ancêtres ti esclaves ou travailleurs engagés ki finn konn bocou souffrances Pa acoz nou impé mieux économiquement ki nou gagne droit faire dominere avec bann plus vulnérables.» À bon entendeur...

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