Ah ! ces hypocrites !

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La saison hippique étant terminée, cela me permet de m’éloigner quelque peu du Champ-de-Mars et de suivre un peu plus ce qui se passe dans d’autres sphères. Surtout dans l’arène politique où il est évident qu’on ne se dirige pas vers «a three-cornered fight» qui pourtant paraissait inévitable il y a seulement quelque temps.

Si Xavier-Luc Duval, avec son coq dépaillé à Belle-Rose – Quatre-Bornes, a dû enterrer pour de bon son aspiration (démesurée) premier-ministérielle et concéder, dans la même foulée, que son parti ne peut que servir de béquille électorale, en revanche Paul Bérenger, lui, arrive à un stade de sa carrière où sa prochaine grande décision impactera directement non seulement sa survie politique, mais également celle de son parti. Au-delà des tractations en cours – il faut vraiment être naïfs pour croire que des tractations en vue des prochaines alliances, il n’y en a pas – et des éventuelles configurations possibles (pas nécessaire d’en faire un dessin, n’est-ce pas ?), ce sont surtout les interventions sur le projet de réforme électorale qui ont captivé mon attention durant toute la semaine.

D’abord un constat. Cela me fait rire que le PMSD et Aurore Perraud découvrent soudainement, après tant d’années aux côtés du PTr à la tête du pays, que deux communautés sont sous-représentées dans la fonction publique ! De 2005 à 2014 et de 2014 à 2016, cette sous-représentation dont ils parlent maintenant ne les interpellait pas ? Pourquoi ? Cela leur aurait-il gâché leur «nissa» du pouvoir ?

Venons-en maintenant aux interventions des députés… «des affaires islamiques» puisqu’ils pensent «me» représenter à l’Assemblée nationale ! Alors que Paul Bérenger – qu’on l’aime ou pas – a marqué les esprits au cours d’une intervention digne d’un grand homme politique même s’il regrette – à son goût – que le gouvernement n’ait pas fait l’effort nécessaire pour qu’un compromis soit trouvé et libérer enfin Maurice d’un système électoral qui continue à diviser le pays et à, en même temps, nous pourrir la vie quotidienne, les députés «des affaires islamiques», eux, étaient plus intéressés à s’adonner au jeu des «cheap politics».

Pour eux, il fallait marquer des points et montrer à la communauté musulmane que le Dr Husnoo est un traître (qu’il le soit ou pas, ça ne m’intéresse pas aussi longtemps qu’il réussisse à guérir le ministère de la Santé) et qu’eux, ils bossent et œuvrent dans l’intérêt de la communauté. Quelle petitesse d’esprit alors que c’est un projet de loi qui, malgré ses lacunes, nécessitait des interventions fortes et dignes, qui vont au-delà des considérations partisanes et… religieuses ! Quitte à plaire ou déplaire au Maulana Haroon !

Si l’occasion a été ratée pour le gouvernement de marquer l’histoire et débarrasser Maurice d’un système électoral archaïque, elle l’a été également pour certains de se taire !

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