Radios commandos

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Au départ, dix-sept postulants, parmi des professionnels établis des médias, étaient en lice pour l’obtention d’un permis d’opérer une radio. À l’arrivée : surprise ! Deux demandeurs peu connus, dont l’un sans aucune expérience médiatique, décrochent les licences. La proximité avec le pouvoir est le point commun de ces futurs opérateurs radiophoniques.

Cela fait réagir les internautes. Ils s’en prennent à l’Independent Broadcasting Authority (IBA), l’organisme responsable d’octroyer les permis de radio. «L’IBA a oublié la signification de la lettre ‘I’ dans son nom», fait remarquer DAF. Est aussi critiquée, l’opacité dans laquelle s’est déroulée la sélection des éventuels détenteurs de licences. «IBA should perhaps make public the names of all those rejected with reason, just to be independent and fair to all», suggère Cekitiquet.

Mais d’autres commentateurs estiment que la cause est entendue. L’exercice, selon eux, fait partie d’une stratégie de communication élaborée par le pouvoir. Roh indique que «la manipulation de l’opinion publique a commencé et s’intensifiera durant 2019». Électeur, lui, trouve que «ces deux autres radios sont des radios commandos dont la mission sera de palier les insuffisances béantes de la MBC». Et Tyagas, plein d’ironie, signale : «Radios lakwizinn pour bientôt !»

Pour une communication officielle efficace, il faudra repasser, estiment des correspondants. «La propagande à outrance de la MBC n’a aucun impact sur l’opinion publique. Pensez-vous que ces deux autres radios pourront faire mieux que la MBC ?» se demande l’un d’eux. Électeur, pour sa part, prédit que «l’effet boomerang risque d’être expéditif» pour ces nouvelles radios.

Des observateurs prévoient que ces antennes connaîtront l’échec. «Nou konn difficulté ki certaines radios pe gagné pou garde la tête hors de l’eau. Kouma sa deux radios la pou survivre si zot sponsors perdi en 2020 ?» se demande Francois. «Ce sera dur pour les deux nouvelles radios de s’imposer. Si elles se montrent partisanes, elles mourront comme les journaux partisans», répond Johnny Cash. L’expert confirme : «Ces boîtes de propagande ne feront pas long feu.»

Certains internautes réclament davantage de diversité, tant politique que culturelle, sur les ondes. Ils souhaitent que les licences soient octroyées selon le mérite en prenant exemple sur La Réunion et Madagascar. En effet, la Grande Île compte 340 radios et La Réunion 48. «I am for meritocracy and I don’t agree these two got it. But at same time I want more 100 per cent Mauritian radios», avance Digvijay. En guise de réponse, Le Grand Meaulnes lance «Méritocratie pas veut dire narien pou sa gouvernement la.»

Mais l’opinion n’est pas dupe quant à la volonté des politiciens, de tous les bords, à vouloir contrôler les médias. «Bérenger ek Ramgoolam inn vine grand défenseurs médias ki zot ti boycotter en 2014», rappelle Rajen. Et Anthony Raees de faire ressortir que l’indépendance des institutions publiques n’est qu’une illusion. «Both MBC and IBA were never independent. Each successive government appoints its political nominee as Director General of theses bodies.» Il a bien raison.

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