Communication ratée

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Les craintes suscitées par les amendements à l’«Information and Communication Technology Act» persistent. L’interview de l’«Attorney General» par deux journalistes, directeurs de rédaction, retransmise en direct par la Mauritius Broadcasting Corporation, a relancé le débat sur des possibles atteintes à la liberté d’expression.

«C’est la manipulation de la population», s’insurge Jesuis. Les internautes ne comprennent pas que la presse dans sa diversité n’ait pas été invitée à participer à l’exercice. «Strange that the press community spoken or written were absent, considering the importance of the issue», fait remarquer Quasar. De son côté, MBCTV pense que le gouvernement est embarrassé. «Desperate situation calls for desperate moves.»

L’invitation sélective faite par les organisateurs non-identifiés de l’événement sème le doute et pousse les internautes à mettre en cause les deux journalistes qui se sont prêtés à l’exercice. «Trouver enn débat arrangé sa», déclare Deva.

Cependant, les commentateurs sont divisés quant à la présence de Nawaz Noorbux et Rabin Bhujun sur le plateau aménagé à Ébène. «Those who had been selected should have declined the proposal in the best interests of the profession», estime Colo. Mais Zise, lui, trouve que «Bhujun ek Noorbux inn fer zot travail bien et en toute indépendance. Zot inn poz questions ki bizin.»

Le débat s’oriente vers le rôle et la posture des journalistes dans une démocratie. Dans ce contexte, on relèvera l’observation de Kailash. Il ne met pas tous les professionnels de la presse dans le même panier. «Des journalistes mauriciens n’ont pas de compétence, ont peur des ministres et font la courbette. Les politiciens connaissent ces faiblesses et en profitent.»

D’autres internautes appellent leurs concitoyens à soutenir la presse indépendante. «The written media is our only legitimate platform… We have to encourage and support responsible, professional journalism», affirme Tony L. Quant à Abimanu M, il partage ce point de vue et rejoint Tony L dans sa démarche : «The free press is our saviour, and the public should show solidarity to defeat any evil motive», lance-t-il en guise d’appel à la solidarité.

Les correspondants soupçonnent le gouvernement d’intentions liberticides. «Déjà éna la loi lors diffamation. Zot ti kapav révizit la loi-là et améliore li sans touche liberté bann dimounn», avance Abraham. Alexandra est catégorique : «They are amending all types of laws to restrict the citizens from expressing themselves.»

Si le gouvernement s’engage dans cette voie, cela n’augurera rien de bon pour la démocratie mauricienne. «The Judicial and Legal Provisions Act is highly controversial. If they start using it against the press, Mauritius will go backward very quickly», prévoit Kevin B.

Toutefois, Kipling demeure optimiste. Il rappelle que la liberté d’expression a, sans cesse, été menacée depuis longtemps et même dans un passé récent. En dépit des actes d’intimidations, la presse indépendante a toujours su résister. «Les tentatives de museler la presse indépendante étaient tout aussi réelles sous le règne de Ramgoolam père et fils comme sous celui des dirigeants actuels», rappelle le commentateur.

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