Bâillonner les réseaux sociaux

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«Ramasse ton clavier et tais-toi !» C’est ainsi que le commentateur Joe Madar interprète les changements à l’Information and Communication Technologies (ICT) Act. Désormais, un internaute risque dix ans de prison s’il est reconnu coupable d’avoir agacé un plaignant. Il n’est plus nécessaire à ce dernier de prouver que celui qu’il accuse avait l’intention de lui nuire.

La modification à la législation relative aux nouvelles technologies interpelle de nombreux internautes. Dans leurs commentaires, ils dénoncent ce qui est perçu comme une menace à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. «Akoz enn ‘like’, pou kapav kondann ou pou 10 ans prison», s’inquiète Hashtag.

Pour ces commentateurs, les amendements à l’ICT Act relèvent de la volonté des politiciens. «Why enact repressive laws to protect themselves when they promised the contrary i.e. Freedom of Information Act?» se demande Le Coucou. Pour sa part, Rokebata, non plus, ne comprend pas les acteurs politiques locaux. «All over the world, politicians are made fun of, by using puppets, cartoons and drawings. So how come in Mauritius is it annoyance?»

D’autres internautes concluent à une faute des gouvernants. «C’est une lamentable manœuvre liberticide qui contribuera à leur débâcle électorale», estime Electeur. Alexandra ajoute : «Je suis sûr qu’un jour cette loi se retournera contre eux.»

Outre les politiciens, le président de la République par intérim est pris pour cible. «Un vice-président pantin qui se prête au jeu du ‘rubber-stamp’», affirme Arman M. Mais Abimanu M. fait remarquer qu’un «President should not give the impression that he is a rubber-stamp».

Des lecteurs sont convaincus que l’amendement à l’ICT Act n’est pas conforme à la Constitution. «The most unconstitutional law ever», écrit Rajiv S. Il est reproché à Barlen Vyapoory de ne pas assumer ses responsabilités de gardien de la Constitution. «It’s unfortunate that the President who is the guarantor of the Constitution is backing this law», avance Ajay R.

Cependant, quelques Mauriciens estiment que les modifications à la loi étaient nécessaires. Il ne faudrait pas s’alarmer. «Notre système judiciaire et notre tradition de démocratie sont assez forts pour éviter les dérives dictatoriales», rassure Johnny Cash.

Que faire donc ? «La population bizin demande retire sa la loi ki empeche la libre expression», dit Loiseau. «Il faut saisir la Cour suprême voire le Privy Council», propose L’expert. Quant à Chitchat, il se veut pragmatique : «We must watch what we say and how we say it.» Cette idée sera sans doute acceptée, mais cela n’empêche pas Chant du cygne de rappeler que «l’homme naît libre, et s’en ira de la même façon».

Et en guise de réponse à ceux qui affirment ne pas craindre pour la liberté d’expression, Vox Populi rappelle l’existence d’une épée de Damoclès en partageant une citation de l’ex-dictateur Idi Amin Dada : «There is freedom of speech, but I cannot guarantee freedom after speech.»

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