Football Leaks : magouilles au plus haut niveau

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Football et magouilles ont toujours fait bon ménage. Dans le sillage du fameux match acheté OM-Valenciennes (1993) en France ou des accusations de matches arrangés du championnat anglais avec des sociétés de paris, pesant sur le gardien de but de Liverpool Bruce Grobbelaar en 1994, sans oublier les scandales italiens à répétition ’Totonero’ (1980), ’Calciopoli’ (2006) et ’Calcioscomesse’ (2011).

Mais aujourd’hui, les temps changent et s’il y a encore des scandales de matches arrangés, comme on l’a vu le mois dernier en D1 belge, la triche change de forme. Vu les milliards de dollars qu’il brasse, le football est devenu un terrain de jeu fertile pour toutes sortes de dérives. La triche s’est même institutionnalisée.

À ce titre, les documents de «Football Leaks», qu’ont commencé à publier «Media Part» depuis vendredi dernier, sont hautement instructifs, mettant à jour un système de triche hallucinant. On ne parle pas ici de «match vendé» mais de dopage financier, d’arrangements pour contourner des lois, gonfler des chiffres de sponsorship, dissimuler des fortunes dans des paradis fiscaux (qui peuvent même mener jusqu’à Maurice, via des comptes offshore, comme l’a fait Manchester City pour financer les salaires de son ancien entraîneur Roberto Mancini !)

Le plus choquant est sans doute que tout cela a été fait avec la bénédiction de très hautes personnalités. Un incroyable jeu de pouvoir économico-politico-sportif. Selon «Football Leaks», Gianni Infantino (actuel président de la FIFA), Michel Platini (ancien président de l’UEFA), Nicolas Sarkozy (ancien président français qui accumule les casseroles depuis qu’il s’est retiré de la politique) ont tous vu leurs noms mêlés au Qatar et au PSG.

D’un autre côté, si «Football Leaks» s’attaque aux nouveaux riches que sont le PSG et Manchester City, il est évident que ça arrange le cartel des clubs surpuissants constitué par le Bayern Munich, le Real Madrid, le FC Barcelone et la Juventus Turin, qui voient l’arrivée des clubs financés par le Qatar et Abu Dhabi comme une menace pour leurs intérêts et leur domination.

Alors qu’on oublie vite les millions injectés depuis dix ans par Roman Abramovich à Chelsea, les dettes épongées par le roi d’Espagne au Real Madrid ou le transfert sous-évalué de Neymar de Santos au Barça…

Le cartel en question brandit, de toute façon, la menace de créer une «Super League» privée, fermée, réunissant 20 clubs déjà riches qui sortiraient de l’UEFA. Face à cette épée de Damoclès, les instances dirigeantes du football sont bien contentes d’avoir de puissants alliés eux aussi (même dopés à l’or noir). Tout à coup, on comprend mieux pourquoi ces derniers ont obtenu certains passe-droits permettant d’échapper aux sanctions du Fair Play Financier (FPF)…

À sa création, le FPF était supposé lutter contre les inégalités, mais on constate que ce n’est que de la poudre aux yeux. Une institution obsolète. Les autorités sont coincées : en sanctionnant les tricheurs, elles risquent de se mordre elles-mêmes la queue. Les révélations de «Media Part» sont certes croustillantes pour le grand public mais ont peu de chance de mettre fin à un système très bien en place. Ok, le PSG et City peuvent se faire taper sur les doigts (un petit peu). Et après ?

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