L’IBA, un repaire du KGB ?

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Les amateurs seront servis. De nouvelles radios privées viendront élargir le paysage radiophonique. Du coup, des émissions, il y en aura pour tous les goûts et pour tous les âges. Hier, l’Independent Broadcasting Corporation (IBA) a émis une liste de demandeurs pour la licence de radio privée. Dix-sept compagnies ont manifesté leur intérêt pour lancer leur propre radio. Qui sont les demandeurs ? Ma mission, hier, est de trouver des informations sur chacun d’eux. Je mets le cap sur Port-Louis, Célicourt Building. Il faut impérativement consulter les documents, ouverts au public. C’est ce qui se lit sur l’avis qui sera publié jusqu’au 12 octobre. Sauf que pour consulter des documents à l’IBA, la tâche va se révéler dure et pénible.

Peu après 11 heures, je débarque à l’IBA. Aucune âme qui vive, sauf la réceptionniste. Je lui explique que je viens consulter des documents concernant les demandeurs pour les licences radio. Elle me tend un premier registre. «Mettez votre nom, adresse, numéro de téléphone, objet de votre visite, signature, heure d’arrivée et de sortie.» Puis elle disparaît pendant un moment. Elle réapparaît, m’informant que la personne concernée est en réunion. Je propose de revenir. Elle m’assure que la «gentille» dame va m’appeler. Je signe un autre registre avant de sortir. Je reviens plus tard en espérant toujours consulter les documents.

La réceptionniste m’annonce qu’il faut revenir car il faut prendre rendez-vous. Elle me monte l’avis avec surligné en vert fluo que c’est «mandatory to seek an appointment with the Confidential Secretary by phone or email». J’insiste auprès de la réceptionniste. Il est impossible que j’attende. Elle disparaît à nouveau dans le fin fond d’un bureau. Revient. S’assoit à nouveau à son bureau. Me fixe du regard. Elle esquisse un petit sourire du coin des lèvres. Assise sur un sofa, je ne bouge pas d’un iota. Pas question de quitter le bureau sans les informations. Des hommes en costume franchissent la porte pour une réunion. La «gentille» dame va même les inviter à entrer. Même pas un regard dans ma direction, ni un sourire ou même un «bonjour». Elle dégage même une certaine froideur. Dix minutes plus tard, ils ressortent visiblement satisfaits de leur rencontre.

Deux heures plus tard, après d’interminables attentes, le va-et-vient de la réceptionniste, de la «gentille» dame, un défilé d’employés et des appels téléphoniques, la «gentille» dame s’approche de moi. D’une voix très mécanique, elle m’ordonne de laisser téléphone mobile, carnet et même stylo à la réception. Encore une autre entrée dans le registre des visiteurs… Elle m’invite à la suivre dans son bureau. Des feuilles de papier blanches et un stylo m’attendent sur le bureau. Elle se met en face de moi. À côté d’elle, des tonnes de documents entassés dans un classeur. Elle m’informe que ce sera un par un. Il y en a 17 à consulter. Je feuillette un par un, note quelques infos sur les pages blanches. Elle attend. Me remet un autre document lorsque j’ai fini. Cela durera une heure. À 16 heures, plus le temps de consulter les documents restants. Le créneau pour consulter est entre 14 heures et 16 heures. Je propose de revenir le lendemain. «Non. C’est entre 14 heures et 16 heures, Il y aura d’autres personnes demain. Je vais vous rappeler pour vous dire quand vous pourrez repasser.» Un autre registre à signer, je quitte le bureau perplexe, sur les talons de la «gentille» dame. À la sortie, je récupère mes effets personnels et un dernier registre de visiteur signé, me voilà dehors.

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