Un code des courses pour quoi faire ?

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Au-delà des performances sportives et des conflits qui peuvent exister entre l’organisateur des courses et l’instance régulatrice qu’est la Gambling Regulatory Authority, dans ce qui ressemble à une guerre pouvoiriste qui pourrit l’environnement dans lequel est appelé à évoluer le monde hippique – sans compter les gangs mafieux –, la saison 2018 est également marquée par le retour des forces occultes à travers la manipulation des chevaux et par ricochet, des résultats. Le dopage, malheureusement, ne peut être dissocié des événements, heureux et malheureux confondus, qui marquent l’exercice en cours.

Si tout cas de dopage apporte son lot de questionnements, surtout par rapport à la sécurité, il incombe aux autorités, le MTC et la GRA, de faire cause commune pour le combattre ensemble aux côtés des dirigeants d’écurie avec comme base de données les plus hauts standards d’éthique et de moralité. 

Les autorités hippiques doivent être de plus en plus exigeantes car l’intégrité des courses, qui est l’âme même de l’ensemble de l’industrie, doit être irréprochable.

Cette année à Séoul, lors de la 37e conférence des courses asiatiques, Kim Nag Soon, président-directeur général de la Korea Racing Authority, a insisté que «rien n’est plus important que l’intégrité. Si nous voulons gagner et conserver la confiance du public, notre sport doit être propre et juste».

Ce combat contre le dopage devient, c’est une évidence, de plus en plus ardu et les questions de plus en plus nombreuses. 

Le nombre de cas enregistrés cette année au Champ de Mars montre les failles du système. Les filets de protection ne tiennent plus. Les chevaux aux écuries sont tout, sauf à l’abri d’une manipulation illicite, donc à l’insu des autorités, par des gens qui sont devenus des experts en la matière.

Les récents renvois des enquêtes – en raison de celles qui sont en cours par la Police des Jeux – ne permettent pas aux coupables d’être inquiétés. Ces renvois viennent, en fait, priver le MTC de son droit alors que ses propres règlements sont clairs.

Un cas de dopage ne peut être laissé entre les mains des autorités policières sans que le MTC, garant de l’intégrité des courses, n’interviennent, sans doute sur avis légal. Il n’y a eu qu’un semblant d’intervention avant que les commissaires ne capitulent.

Tout cela devient une farce. Les courses ne sont pas régies par la GRA, encore moins par la Police des Jeux. Il y a un code des courses et c’est au MTC de l’appliquer. Quitte à ce que ceux sanctionnés aillent en appel ou en cour s’ils jugent l’action du MTC arbitraire.

Si cette situation ressemble plus à des delaying tactics qu’autre chose pour ceux dont les chevaux ont été tampered with, elle vient porter un rude coup au MTC lui-même, puisque règne forcément un sentiment d’impunité.

Et c’est mauvais pour la suite du combat contre le dopage.

Lorsqu’il s’agit de l’intégrité des courses, les combats, quels qu’ils soient, ne peuvent être menés en ordre dispersé. Un seul intérêt doit primer : celui des courses.

En cédant la main à la police, le MTC, qui ne tergiverse pourtant pas lorsqu’il s’agit de rendre public chaque cas de dopage tout en acceptant volontiers les effets secondaires, ne rend, cette fois, pas service à ses propres courses.

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