Recensement: pourquoi me demander… ?

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Dans la foulée d’une récente recommandation du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, des personnalités mauriciennes, dont Mahmad Kodabaccus, dirigeant du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), ont réclamé la réintroduction du recensement ethnique. Paul Bérenger, le leader du Mouvement militant mauricien a, pour sa part, réclamé la constitution d’un front contre la proposition du porte-parole du PMSD. Les internautes ont abondamment commenté la question sur «lexpress.mu».

Ceux qui souhaitent retrouver le recensement ethnique avouent se sentir victimes d’ostracisme. Ils sont persuadés que recenser les communautés donne à cellesci une visibilité et éviterait des dérives discriminatoires. «Le recensement est une condition sine qua non pour éviter que certaines communautés ne soient ostracisées», affirme Mujahid. «Lack of ethnic data in Mauritius would allow certain ethnic groups to be absent or be under-represented in various employment», ajoute Dr JG Henry.

De nombreux commentateurs ont rejeté la proposition du PMSD. L’internaute Cosmopolite avance que «ceux qui ont à coeur de préserver et renforcer ce mauricianisme qui nous unit ne peuvent cautionner cette pernicieuse manoeuvre politicarde». Dans la même veine, Joseph soutient «qu’un député devrait représenter ses électeurs indépendamment de leur origine ou religion». MBC TV, lui, assure que «the solution to attenuate the communal and ethnic woes is to abolish the anachronistic ‘Best Loser’ system».

«La réintroduction de la question sur la communauté dans les recensements serait une gifle magistrale à ceux qui oeuvrent en faveur du nation-building», écrit Oxacukcc. Philippe C. est du même avis : «On ne peut avoir une vraie nation si ceux qui vivent sur le territoire se sentent séparés les uns des autres.» Un point de vue partagé par Neuro Plasticity, qui déclare que «si pou éna enn recensement ethnique, adieu à une vraie nation mauricienne».

D’autres internautes estiment que la solution au problème de désunion de la population relève davantage de l’éducation des citoyens que de la législation. «It’s not the laws that will change attitudes but education of the people to remove all the preconceived ideas about one another», pense Siven R.

JohnnyCash, pour sa part, interpelle les promoteurs du recensement ethnique en ces termes : «Je suis le résultat d’un métissage entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Je ne suis ni blanc, ni noir, ni asiatique. Je ne fréquente aucune église, aucun temple. Je ne m’identifie à aucune religion ou langue ancestrale. Je suis Mauricien parce que je suis né à Maurice. Donc, pas de case pour moi dans un recensement ethnique.» Et Desire M. de renforcer cette interpellation en citant des extraits de «L’homme qui te ressemble» du poète camerounais René Philombe :

«J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton coeur
Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique
Si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie
Si je suis d’Europe ?
Pourquoi me demander
La couleur de ma peau
Et le nom de mes dieux
Ouvre-moi mon frère.»

Cet appel, d’une grande sincérité et très à propos dans le contexte actuel, mérite d’être entendu par le plus grand nombre.

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