«Le Parlement est un bazar»

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L’Assemblée nationale est entrée en vacances. Donc, on épargnera aux Mauriciens, pendant quelques semaines, ce qu’un lecteur appelle des «meetings affligeants».

En effet, jamais le niveau des travaux parlementaires n’a été aussi bas. C’est le nadir. Les internautes s’indignent. «Le Parlement est un bazar. On a beaucoup plus de chances de trouver un débat sensé dans une cour de recréation de collégiens», écrit Rastapopulos.

«Sa mem Auguste assemblée la ?» ironise Etienne alors que Nazir se demande «ki kantité lekzamp negatif zot donn ban zenn». Pour Chant du cygne, les parlementaires ne sont pas des Honourable members, mais plutôt «une bande de déshonorés».

Paradoxalement, c’est la prestation du parlementaire le plus expérimenté qui choque le plus. Sir Anerood Jugnauth heurte les sensibilités par le ton méprisant et le langage vulgaire qu’il adopte. «Was that abominable language from the alleged Mentor appropriate in the Assembly?» se demande Abimanu Mathoorasing.

De nombreux correspondants ne manquent pas de rappeler les frasques des «honorables» Soodhun, Sesungkur, Tarolah, Dayal, Yerrigadoo, Jadoo-Jaunbocus, Rutnah, Sinatambou et autres Teeluckdharry. La charge est lourde. Les Mauriciens sont à plaindre. «What have we done to deserve parliamentarians like these?» s’interroge Simon. Pour sa part, Libre info est d’avis que «dans sa bann la pas ena enn qui ena un status».

Le constat est sévère. «No morals and ethics in Mauritius, sadly», estime Jokomo. Ce qui pousse Zaïd à admettre qu’il se sent perdu devant ce qu’il voit. «No longer know whether to laugh or to cry.» Pour lui répondre et dénoncer l’atmosphère pourrie au Parlement, Désiré Mallet fait appel à Casca du Jules César de Shakespeare. «As for myself, I didn’t dare laugh, for fear of opening my lips and inhaling the stinking air.»

Manifestement, l’Assemblée nationale est, aujourd’hui, une caricature. Il en est ainsi parce que des titulaires aux postes à responsabilités ne sont pas à la hauteur. «Both the Speaker and the Deputy Speaker lack the basic skills for this important responsibility», fait remarquer Tony Lingiah.

L’opinion prend avec circonspection les promesses politiciennes relatives à la dignité de l’institution parlementaire. Ainsi, quand Paul Bérenger prétend qu’il va « redonner ses lettres de noblesse au Parlement», les internautes ne le ménagent pas. «Commence par respecter banne parlementaires et na pas servi banne mot pas accepté dans l'Assemblée», lui dit JC.

D’autres commentateurs tiennent à rappeler au leader du Mouvement militant mauricien que c’est lui et son allié Navin Ramgoolam qui avaient, en 1996, amendé la Constitution pour permettre la nomination d’un Speaker non élu. Une action pour subjuguer une institution à un arrangement entre politiciens.

Que faire devant le dépérissement de l’institution parlementaire ? «The National Assembly must be reformed so that the public gets the value it deserves», propose Adarsh. «Set up a Parliamentary Standards Committee with guidelines to uphold the dignity of the House and to sanction contraveners», recommande Melt.

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