Ingérence, la maladie chronique de la police

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La police, qui était déjà sur la sellette, est à nouveau sous les feux des projecteurs. Mardi dernier à l’Assemblée nationale, le ministre mentor a dit son insatisfaction de la performance de la force policière. Il trouve inacceptable l’explication à la disparition de 16 kilos d’héroïne des Casernes centrales, fournie par le commissaire de police.

Cependant, sir Anerood Jugnauth ne s’est pas étendu sur les éclaircissements donnés par Mario Nobin. «Zotte conne faire miracle dans Casernes centrales. Liasse billet vinn pétards. Pre pou tanne dire gandia vin chocolat», ironise Joe Madar.

La direction de la police a aussi été montrée du doigt pour le transfert injustifié d’une constable, après qu’elle eut pris en contravention un président de conseil de village. L’automobiliste, parenté à un ministre, avait l’habitude de dicter leur conduite aux policiers. Le ministre mentor est également mecontent de la manière dont la hiérarchie policière a agi dans ce cas. «Je vais m’assurer que des actions soient prises. Ce genre de choses ne peut être toléré», a-t-il déclaré.

Mais l’opinion doute de la volonté d’agir de sir Anerood Jugnauth. Il est très facile d’identifier les auteurs des pratiques que lui-même qualifie d’intolérables et de les sanctionner. Les internautes font ressortir, à juste titre, que souvent, les responsables de la force policière sont contraintes d’opérer en fonction des ordres venus des cercles politiques.

L’ingérence politicienne dans la gestion des institutions, et plus particulièrement de la police, est décriée par les commentateurs. «Cette pratique affaiblit l'intégrité des policiers», écrit Chant du cygne. Bob va plus loin. Il accuse l’actuel gouvernement : «Jamais nou finn gagne ene gouvernement ki manipule bann institutions couma ca.» Mais Sniper rectifie : «Prime Ministers want only yes men in key positions. All our previous Prime Ministers have been the same.»

Dans des déclarations, le commissaire de police a déploré l’absence de «Role models» dans les familles, avant de justifier le transfert condamné par le ministre mentor. Cela lui attire les foudres des internautes. «Chacun doit assumer ses responsabilités, il faut arrêter de chercher des boucs émissaires», lui conseille Olivier 33.

D’autres stigmatisent la tentative de Mario Nobin de détourner l’attention et critiquent la souplesse de son échine. «We are led to ignore the role of the police which has the responsibility to secure our society», affirme Mauritian Patriot. Alors que Tyagas, lui, choisit d’être direct : «Nobin bisin lev pake aller. La honte lor li, paillasson la.»

Mais la source du problème ne serait-elle pas le mode de nomination du plus haut responsable de la police? «The appointment of the Commissioner of Police should have been outside the prerogative of any politician», préconise Abimanu Mathoorasing.

Cette suggestion devrait être retenue parce que l’interventionnisme politicien nuit à la bonne gouvernance, selon de nombreux internautes. Narayen est d’avis que «le plus gros cancer de notre pays, c'est l'ingérence politique dans nos institutions d’Etat».

Et quand, en raison de l’interventionnisme politicien, la police perd de son efficacité, alors que la situation se dégrade sur le plan social, cela rend le citoyen pessimiste. Le Roi Lion résume ce sentiment dans son post : «Our country does not win anymore. We are losing on crime, we are losing on drugs. We are losing, folks.»

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