Et pour quelques pétrodollars de plus ?

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La ministre saoudien des Affaires étrangères est en visite à Maurice. Il est accueilli par son homologue mauricien à l’aéroport. Donc, le dignitaire arabe n’effectue pas un voyage privé.

Ainsi, quand la directrice adjointe d’une institution parapublique est refoulée à l’entrée de la salle où se tient un banquet donné en l’honneur du ministre saoudien, c’est un acte répréhensible. Il en est de même quand une journaliste n’est autorisée à faire son métier qu’après l’intervention d’un fonctionnaire. «Another step backwards for our great nation», écrit Sam.

Cette exclusion des femmes heurte la sensibilité culturelle des Mauriciens, froisse la fierté nationale et bouscule nos traditions. «This is an absolute insult to the all the women and girls of Mauritius», s’exclame MBCTV. «Pé conditionne mauricien a change les moeurs et coutumes», estime Yuma.

Certains pensent que cette pratique discriminatoire a été demandée par les visiteurs. «The old trick of cheque book diplomacy from the Saudis, at its best», fait remarquer Simon. Mais d’autres ont des doutes à ce sujet. King écrit «cela n’a pas été demandé par les Saoudiens. Dans les banquets d’État, chez eux, les épouses des présidents étrangers sont toujours présentes».

Des internautes trouvent que le député Showkutally Soodhun, dans un excès de zèle, est responsable de l’impair commis. «The fake sheikh was trying to be more Wahabi than the Al Saud royals», pense Dr JG Henry. Et Mohamed Jhangeerkhan de rajouter «kapav Soodhun inn bliyé li dan Moris kan li trouv prins arab».

Cependant, la déclaration de ministre Seeruttun à l’effet que la décision d’exclure les femmes du banquet est «un choix qui a été fait» apporte un éclairage nouveau. L’État aurait-il laissé à une association amicale l’organisation du banquet en l’honneur des Saoudiens pour, précisément, rendre possible l’exclusion dénoncée ? En effet, c’est rare que l’État mauricien n’organise pas de réception pour un ministre d’un pays ami, en visite officielle.

C’est pourquoi l’absence d’une déclaration premierministérielle sur cet incident est diversement interprétée. «No-one can agree with the fact that we haven’t a formal explanation from the PM on why women were not invited», avance Simon. Cela laisserait comprendre que le gouvernement aurait voulu, par anticipation, exclure toute possibilité de froisser les généreux Saoudiens.

Cette hypothèse fait bondir Island girl. «Our Ministers, elected representatives and other government officials should have declined participating in such an official event. The principle is simple: no discrimination based on race, religion, gender. It’s a fundamental tenet in Mauritian democracy», écritelle. Long John est, pour sa part, d’avis que nos gouvernants «font la courbette devant la puissance de l’argent. Pour le principe, il faudra repasser».

Showkutally Soodhun a bien essayé de porter le débat sur le terrain religieux, en déclarant «al dimann Bondié» à une demande d’explication. L’internaute Chak lui répond «l’Islam n’interdit pas la mixité. D’ailleurs, les rituels du Hadj et de l’Umrah [pèlerinage à La Mecque] sont mixtes. Il en est de même dans l’enceinte de La Mecque».

Et King de rappeler que «tant que les politiciens mélangeront gestion de l’État et bondieuserie de toutes sortes, nous resterons un peuple morcelé, avec une façade de mauricianisme».

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