Pomponette: halte à l’accaparement des plages

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«C’est l’hôtel de trop ! Cette plage doit être préservée», écrit l’internaute Patrocle pour commenter les incidents à la plage de Pomponette, le 1er mai. Des activistes du collectif Aret Kokin Nu Laplaz ( AKNL) avaient été bousculés par la police. Ils avaient fait tomber un barrage érigé par un promoteur hôtelier sur presqu’un kilomètre du littoral sud.

«Notre population a de moins en moins de plages ! Pa kapav kontinié koumsa!» dit Ramlaugun, pour justifier la démarche des militants d’AKNL. Tse estdu même avis : «Il faut empêcher cette plage de devenir privée pour les riches.» Manoj, lui, salue le courage des activistes parce que, dit-il, «sé enn konba bien lézitim pou anpes kontinié kokin nou laplaz piblik».

L’initiative du promoteur d’ériger un barrage sur la plage choque et mobilise des Mauriciens. «Cette clôture qui coupe la plage en deux est une clôture de la honte. Elle est comme une cicatrice hideuse sur le littoral sud du pays. C’est une provocation, une arrogance du pouvoir de l’argent», affirme JohnnyCash. Des compatriotes protestent avec véhémence contre l’érection d’une clôture sur la plage. «À bas les tôles qui obstruent l’accès à nos plages publiques accaparées par des investisseurs à cause de dirigeants corrompus !» crie Jean Battant.

Cette action envahissante et l’attitude de la police face aux activistes d’AKNL renvoient à des scènes d’un autre temps, ailleurs qu’à Maurice. Certains y voient un rappel de l’ère de l’apartheid en Afrique du Sud, avant les années 90. «These walls erected at Pomponette are a stark reminder of the brutality of apartheid in South Africa», dénonce Ene citizen. «The resurrection of Apartheid on our doorsteps», renchérit Tony Lingiah.

Mais, les investisseurs étrangers n’auraient jamais pu prendre possession des plages sans l’aval des politiciens locaux qui se sont succédé au pouvoir. Les internautes condamnent leur silence sur la question. «Quand il s’agit de ce problème, aucun politicien ne pipe mot», s’étonne Tse. «Pas un seul parti politique n’est là pour défendre le patrimoine mauricien qui est bradé aux intérêts privés !» regrette Joseph. Pour sa part, Sam Mungroo avance une explication à l’attitude des politiciens : «All they care about is the dollars. They don’t give two [...] about our beaches».

Des commentateurs ont tenu à rappeler le rôle des anciens ministres dans la gestion du dossier de l’hôtel, à Pomponette. «Minister Soodhun removed proclamation status of Pomponette, 915 metres of beach front, and then was able to lease same to the South African promoters», se souvient Calife. Et José Marti de souligner que «cet accaparement révoltant de la plage publique de Pomponette par des investisseurs, aux dépens des citoyens mauriciens, a été dûment approuvé par l’actuel leader de l’opposition Xavier-Luc Duval.»

La démission des politiques devant leurs responsabilités a donné lieu à des situations inacceptables. «Zordi baraz tol lor nou laplaz bizin tonbé. Li inadmisib ki bann anvayiser étranzé ek bann akaparer vinn fer sé ki zot anvi lor nou later avek konplisité bann lao», fait remarquer The King. Quant à Mauritian Patriot, il relève également que «too much of our beaches are under private control with access denied for several kilometres».

Avec eux, d’autres citoyens invitent les Mauriciens à défendre le patrimoine national. Shogun les convie à «se révolter contre l’accaparement de nos plages», alors que Mike clame que «c’est l’heure de dire assez à ce bradage nos plages publiques».

Ene citizen, lui, en appelle aux dirigeants du pays : «Government! Support your people and tear down these walls in the name of democracy, do not point riffles at your own kind if you have some sense of dignity and respect.»

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