Exit 2017, enter 2018

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L’année 2017 vit ses derniers instants. Plus que quelques heures avant que 2018 n’annonce les premiers frémissements de ses battements de coeur. Que nous réserve cette nouvelle année calendaire ? Les réponses sont en nous et en nul autre. Toutes les actions que nous mettrons en branle auront des répercussions sur la société au sein de laquelle nous vivons. Et sur nous-mêmes. Ce sera à nous de décider si nous serons des témoins passifs de notre vie ou, plutôt, des acteurs de son évolution. Ceci dit, il nous faut quand même utiliser les enseignements de l’année qui se meurt pour être à même de mieux comprendre, et de moduler, ceux de celle qui s’annonce.

2018 est avant tout l’année du cinquantenaire de l’Indépendance. Maurice est donc un fringant quinqua. Certains seraient cependant tentés de dire que c’est un quinquagénaire avec «enn lespri zanfan». Un enfant qui refuse de grandir et de s’assumer. Un bambin qui se complaît dans son passé, qui reste campé sur ses positions rétrogrades et qui cultive toujours les préjugés, les mêmes depuis sa naissance.

Comment expliquer sinon qu’après cinquante ans d’indépendance de l’ancienne puissance coloniale (la Grande-Bretagne), beaucoup de mentalités soient encore «colonisées», que la société soit toujours aussi stratifiée et codifiée, que les idées reçues sur nos concitoyens aient encore la peau dure, et j’en passe et des meilleurs. Comment expliquer qu’on peine toujours à nous dire «Mauriciens» ?

Quand comprendra-t-on que tous ces enfants qui naissent et grandissent au sein de la République sont des Mauriciens à part entière ? Et non des hindous, des créoles, des musulmans, des Chinois, des tamouls, des marathis, des télugus, des Blancs, des Mulâtres, ou toute autre personne, née dans ce pays et définie arbitrairement par son appartenance ethnique ou religieuse ? Profitons du cinquantenaire pour nous forger une véritable identité mauricienne. Et arrêtons avec toutes ces divisions.

Dan Moris, nou koz Kreol Morisien. Plis ki 98 % popilasion konpran ek konn koz sa langazla. Kreol, li langaz maternel preské tou Morisien. Sé enn langaz ki finn né dan enn lépok difisil nou listwar (lesklavaz) mé ki finn adopté, ek adapté, par tou Morisien. Zordi, Kreol Morisien fi’nn rant dan lékol primer (depi 2012) et li pé rant dan kolez an 2018. Eski pa fi’nn ler, 50-tan apré Lindépandans, pou ki nou sant nou lim nasional an Kreol Morisien ? Ek nou donn li enn rékonésans ofisiel ? Anou fer sa vinn enn réalité.

Lor mem sizé, nou bizin kontan ki bann travay dan Parlman pé rétransmet an direk lor télévizion. Mé, eski pa fi’nn ler ki bann lider politik konsider introdiksion Kreol Morisien kouma trwaziem lang ofisiel dan Lasanblé ? Komié dépité pa vréman métriz Fransé ek Anglé ? Komié fwa nou zorey fi’nn korné avek masak langaz Molière ek Shakespeare ? Introdiksion Kreol Morisien dan Parlman pou ed boukou dimounn ki pa konpran Anglé ek Fransé swiv bann déba. Sa pou osi permet bann dépité liber zot fason pansé ek striktir zot argimantasion, ki bloké akoz zot pa tro métriz sa dé langaz étranzé-la. Biensir, bann ki anvi koz zot Anglé ek Fransé zot pou kapav kontigné fer li. Ek Speaker pou bizin aplik «Standing Orders» pou sanksionn tou dérapaz ek itilizasion bann term «unparliamentary». Parey kouma asterla. Anou révé…

Sur le plan politique, 2018 sera une année décisive, avant 2019, année électorale (si le gouvernement tient jusqu’au bout de son mandat). Elle verra le positionnement des partis en quête de soit du maintien au pouvoir, ou soit de sa reconquête. S’il y a un enseignement à tirer de la récente partielle du no18, c’est bien celui du faible poids électoral des nouvelles formations politiques. L’alternance aux partis traditionnels n’est pas pour aujourd’hui. Ni pour demain. C’est un constat réaliste. Les électeurs ne sont pas encore prêts à virer les traditionnels PTr, MMM, MSM ou PMSD, entre autres. Dire le contraire, aujourd’hui, relève de la fiction. Ou du «wishful thinking».

Alors, quelle formation politique ou alliance de partis, sera à même de fédérer une majorité d’électeurs ? L’usure du pouvoir et les tonnes de scandales et autres peaux de bananes qui continuent à jalonner le parcours du gouvernement auront-elles le scalp du MSM et du ML ? Ou bien arriveront-ils à rebondir, avec une alliance opportune avec un parti d’appoint ? Navin Ramgoolam et le PTr pourront-ils surfer sur la vague de la victoire d’Arvin Boolell au no18 ? Et reconquérir l’hôtel du gouvernement, avec ou sans «béquilles» électorales ?

Une chose est sûre : outre le PTr qui, à ce jour, peut aller seul aux élections, aucun des autres partis traditionnels ne peut en dire autant. Allons-nous vers une bipolarisation du paysage politique ? On le saura assez vite. En attendant tout ça et avant que la fumée des feux d’artifices et autres pétards (et les vapeurs éthyliques aussi !) n’embrument nos esprits, permettez-moi de vous souhaiter une très bonne année 2018 !

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