La nature gardienne de la vie

Avec le soutien de

Au XIIe siècle, les seigneurs ou le roi décident d’octroyer des franchises aux paysans pour les attirer dans leurs forêts. À la fondation du village de Torfou en 1134, Louis le Gros cède aux «hommes qui veulent devenir hôtes» un « arpent de terre et le quart d’un autre arpent » pour qu’ils s’y établissent. En s’installant sur une terre vierge à cultiver, le paysan donne un coup de fouet à une économie rurale en expansion. Mais il signe aussi accélération du défrichement.

Au début de l’ère chrétienne, la Terre est peuplée de 225 millions d’habitants. La population dépasse le milliard d’individus en 1820. La révolution industrielle fait basculer la société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle. Le boom ferroviaire des années 1840 accentue cette transformation qui affecte profondément l’agriculture, l’économie, la politique, la société et l’environnement. 

Les pays en développement vont connaître la dégradation des ressources forestières en raison de la surexploitation du couvert boisé. Elle est le résultat de la collecte du bois à feu, du défrichement en vue de l’extension des cultures, du surpâturage, de l’exportation du bois et des incendies. La croissance démographique sous ces latitudes a des conséquences très néfastes pour le développement humain. Elle menace directement la survie de l’habitat et les ressources naturelles de la planète.

L’humanité a pris conscience heureusement de la nécessité de gérer durablement les forêts publiques et d’en augmenter la biodiversité. Elle s’y attelle grâce à des organismes d’État et des ONG dont la mission est de protéger et de restaurer.

Il n’y a pas que pour Pissarro ou Monet que la nature est « pâmoison et ravissement ». La biophilie, l’amour de tout ce qui est vivant, éveille en l’Homme ce besoin biologique d’entrer en contact avec la nature et ses cycles vitaux. Tous ceux qui ont répondu à l’appel de la forêt savent à quel point elle est nourricière à la vie mentale et combien elle permet d’évacuer sur elle son trop-plein de résidus psychiques.

Depuis son apparition dans les années 1980, la révolution numérique, que d’aucuns voient comme le prolongement de la révolution industrielle, a provoqué le bouleversement profond des sociétés avec la généralisation des ordinateurs personnels et la naissance d’Internet. La mise en réseau planétaire des individus, les nouvelles formes de communication et la décentralisation dans la circulation des idées se traduisent par une réappropriation de l’espace public par les citoyens. Elles sont aussi synonymes de suppression des barrières géographiques et culturelles telles qu’elles étaient conçues jusqu’ici. Elles bouleversent à ce titre les règles géopolitiques mondiales, l’économie planétaire et la façon dont chaque individu perçoit le monde.

Mais ce changement de paradigme ne peut s’opérer non plus sans la nature, sans cette matrice qui perpétue la vie. C’est pourquoi il faut y voir ce temple aux vivants piliers cher à Baudelaire et y pénétrer d’abord avec le coeur.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires