Convaincre l’électorat

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Quatre-Bornes est dans l’opposition. Peu importe les résultats de l’élection partielle dans deux semaines, notre 18e circonscription a ses quatre bornes, de même que sa belle rose, résolument plantées dans le terroir des opposants  au gouvernement. Cette circonscription urbaine servira de galop d’essai pour le grand oral qui se tiendra dans deux ans (ou moins, si on se fie à nos «minisprins » ou autres «longanis»), sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement neparticipant pas officiellement (non, ne sois pas badin, pas de chichi stp, cher votant !) à ce scrutin, les partis de l’opposition vont chacun essayer de tirer les marrons (c.-à-d. tes camarades électeurs et toi) du feu. Sans se brûler les doigts.

Car, détrompe-toi, petit électeur dont nos politiques se rappellent que tu existes chaque cinq ans (ou moins, voir plus haut), tu n’as encore rien vu ! Le meilleur (pour toi) reste à venir et c’est un euphémisme. 2018 (et peut-être 2019, nouveau coup d’oeil plus haut, merci) va être l’année de veaux gras, après les trois années de vaches maigres que tu viens de te farcir. Le gouvernement-quifut- autrefois-connu-comme-Lepep va être aux petits oignons avec toi. Cerise sur le «gato moutay» : les oppositions aussi vont te faire les yeux doux. Tu vas être gâté ! Maurice sera un plaisir !

Trois ans depuis que tes amis et toi avez voté pour le changement. Depuis, beaucoup d’eaux – et de scandales – ont coulé sous les ponts du gouvernement. Je n’ai pas dit «coulé le gouvernement». Les gars du MSM-ML sont touchés certes, mais ils ne coulent pas encore. Ils espèrent sortir des lapins de leurs chapeaux, pour colmater les brèches ouvertes par eux-mêmes, ces derniers temps. Sauf que ce doit être de très gros lapins, au vu des trous béants dans leurs rangs.

Certains d’entre vous, amis électeurs, n’ont plus d’ongles aux doigts ou de cheveux sur le Crâne, tellement vous vous les êtes rongés ou arrachés. D’autres ont frôlé la crise cardiaque, voire l’hypertension. Bref, «it has been quite a bumpy ride and the going was not smooth at all» depuis trois ans. Maintenant, une fois que la partielle du 17 décembre sera derrière toi, peu importe l’élu, à quelle sauce seras-tu mangé, petit électeur mauricien ? Car tu seras mangé, ne t’y trompes pas !

À Maurice, après bientôt un demi-siècle d’Indépendance, aucun parti politique n’a remporté les élections générales en volant (comme le font les oiseaux, hein, pas l’autre sens de «voler») de ses propres ailes. Comme un grand. Non, les vainqueurs ont tous eu recours soit à un partenaire d’égale valeur et de poids politique ou à de partis de moindre importance, que les mauvaises langues qualifient de «béquilles». Pour les prochaines échéances nationales, les paris sont ouverts quant à savoir si la décision, maintes fois revendiquée, des principaux partis d’aller au casse-pipe seul se réalisera, ou pas.

Cependant, pour la partielle de Belle-Rose–Quatre-Bornes, chacun, dans l’opposition, a fait le pari d’y aller seul. Les partis traditionnels, PTr, MMM, PMSD en tête, y vont à l’esbroufe : c’est à celui qui se montrera plus fort que l’autre. Les autres, du MP au Reform Party, en passant par Rezistans ek Alternativ ou le RCP, y croient, eux aussi. Il y a la fraîcheur des jeunes candidats et des nouveaux venus en politique. Il y a la gouaille et l’expérience de ceux à qui l’on ne le fait plus. Il y a l’organisation rodée des partis traditionnels, qui savent utiliser toutes les ficelles du métier. Il y a l’utilisation de plus en plus grande des réseaux sociaux et des autres moyens de communication instantanée. La rupture avec la politique traditionnelle, entamée en 2014, s’est accentuée en 2017. Tous les leaders politiques ont intérêt à en tenir compte.

Celui par qui la partielle est arrivée, Roshi Bhadain, est celui qui a le plus à perdre dans cette élection. Néophyte en politique, il a été un des chefs étoilés de la cuisine du gouvernement Lepep. La sauce ayant tourné et les «gadjaks» plus à son goût, il a claqué la porte de ladite cuisine. Non sans avoir auparavant laisser brûler des plats ou rater quelques recettes se voulant populaires. Il a depuis fondé sa propre cuisine et essaie de faire oublier qu’il fut un des «blueeyed boy» de Lepep. S’il n’est pas élu le 18 décembre, cela risque d’être son chant du cygne politique.

Alors, serait-ce le candidat d’un des partis traditionnels qui sortira vainqueur ou va-t-on avoir une surprise avec l’élection d’un nouveau venu en politique, hors du sérail usuel ? Réponse dans deux semaines. Une chose est sûre : cette élection, quoi qu’en dise le gouvernement ou l’opposition, va faire, ou défaire, des alliances pour la prochaine bataille des élections générales. D’ici-là, «anou manz pistas, nou get sinéma…»

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