C’est raté Xavier !

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Pour la reprise des travaux parlementaires mardi après de longs mois de vacances, Xavier-Luc Duval a choisi d’être le leader d’un parti politique, plutôt que celui de l’ensemble de l’opposition, fonction constitutionnelle pour laquelle il est payé des fonds publics.

C’est une reprise ratée au Parlement pour celui qui, après avoir servi de béquille à Ramgoolam et à Jugnauth pendant plus d’une décennie, aspire à réussir là où Bérenger a failli plus d’une fois, à l’exception de 1982 quand le leader des mauves avait sous-estimé l’adhésion de la population à la cause militante et s’était maladroitement caché derrière le paravent Jugnauth-père.

Xavier-Luc Duval, qui veut se refaire une virginité politique après avoir participé directement ou indirectement au «maja caro» de Ramgoolam depuis 2005, voit grand. Personne ne peut l’en empêcher, car c’est à tout à fait légitime de sa part en tant que leader d’un parti politique de viser le poste le plus puissant du pays. C’est ce que Bérenger n’a pas osé faire, car il redoutait trop la méfiance que pouvait engendrer son positionnement à la tête du pays chez la communauté majoritaire.

C’est sur ce terrain-là que Xavier-Luc Duval vient jouer, misant non seulement sur ce qui reste tristement du MMM, mais également sur l’incertitude qui règne au Parti travailliste avec les charges retenues contre Navin Ramgoolam et sur un gouvernement MSM-ML qui est tout, sauf le sauveur tant attendu en décembre 2014 par un pays en crise de stratégies économique et directionnelle.

Pour Xavier-Luc Duval, ce Prime Ministership dont il rêve depuis peu, peut être difficilement accessible tant qu’il n’aura pas fait ses preuves comme leader de l’opposition. Tout le monde – sauf Jugnauth-fils – est passé par là et c’est pourquoi il se donne souvent en spectacle surtout depuis que les travaux parlementaires sont retransmis en live.

Son expulsion, mardi, il serait allé la chercher. De manière plutôt grotesque. Car un leader de l’opposition, respectueux de notre auguste Assemblée, a l’obligation d’être digne quel que soit le traitement auquel il a droit. Il existe bien d’autres moyens pour défendre la démocratie parlementaire ou montrer son désaccord de la manière dont les travaux sont dirigés par la speaker au lieu de s’en prendre à celle-ci dans une posture contraire aux règles.

N’avoir aucun respect pour la speaker équivaut à un manque de respect total envers la chambre et c’est inacceptable pour quelqu’un qui aspire (dans son rêve) à diriger un pays déjà mal foutu ! Le pire, c’est qu’il se réjouit de son action, non sans être fier de sa suspension !

Il est évident que Xavier-Luc Duval, qui joue gros à Belle-Rose–Quatre-Bornes en décembre, confond maladroitement leader de parti et celui de l’opposition dans sa précipitation à vouloir déloger Ramgoolam, Jugnauth et Bérenger…

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